20.10.2006
JE RENDS HOMMAGE
Aux sans papiers qui ont brisé
La peur le 19octobre 2005 en occupant l’église Saint Boniface.
Je rends hommage aux 9 apôtres :
Vincent Aleinei, Alexendre Marius,
Touré Djibril, Ilias Coulibaly,
Mohamed Aïssaoui, Sano Mohamed Lamine,
Dédé Mutombo, Mohammed Belhaji et Ali Guissé,
Ils ont été les initiateurs de cette occupation,
Ils ont juste osé,
Ils ont osé défier le général hiver,
Ils ont osé prendre en main leur sort,
Ils ont osé dire non au protocole de coopération signé entre l’OE et FEDASIL,
Ils ont osé briser la politique répressive du ministre de l’Intérieur,
Ils ont osé demander la régularisation de tous les sans papiers.
Je rends hommage ;
Je rends hommage à la paroisse de Saint Boniface et ses fidèles,
Je rends hommage au curé MARECHAL Norbert,
Je rends hommage à la CRER,
Je rends hommage aux avocats,
Je rends hommage aux médecins,
Je rends hommage à l’Assemblée des voisins,
Je rends hommage aux syndicats et O.N.G.,
Je rends hommage aux étudiants,
Je rends hommage aux politiciens qui nous ont aidés,
Je rends hommage aux citoyens qui nous ont aidés de près ou de loin,
Je rends hommage à l’UDEP et les sans papiers de la Belgique.
Là où il n’y a pas de lutte, il n’y aura pas de victoire.
Que la lutte continue pour la régularisation de tous les sans papiers.
Ali Guissé
21:45 Publié dans Poésie | Lien permanent | Envoyer cette note
03.06.2006
Tambours, tambouilles du monde
Tambours, tambouilles du monde *
( A Léopold Sédar Senghor, Arthur et Moussia Haulot)
Au lever dans ma gorge la première eau fraîche
Pays de sources
Dans la petite cafetière italienne
Gronde l’arabica
Il va couler son disque noir
Au fond du bol blanc
Trois alezans hennissent
Et mon cerveau déchevêtre son premier mikado
Instant blanc
Je renais à ma vie
Pays de collines
Mes mains effritent le pain
Et profilent un pays sans famine
Instant gris
La nuit s’efface
Surgissent mes aimés
Première émulsion cordiale
A la grande carrière
Mes soucis, mes ennemis attaquent au marteau-piqueur
Première secousse cardiaque
Viendra-t-il le temps de nous désarmer ?
Instant vert
Le jardin se frotte à la porte
Défroisse son jupon chlorophylle
Et laisse voir son aine humide
Instant rose
Chanson au palais
Ma langue cherche sa langue
Ma bouche mousse un chant créole
Borborygmes dentifrices
Instant mauve
Dans un pincement de métal
Le tram corne et barrit
Dans la courbe des rails
Chaque jour je guette la surprise du premier visage
Ambre, noir, jaune, rose ou gris,
Au carré de mes rêves
Toutes les bouches s’ouvrent pour dire
Le bon jour
Heures de labeur
Sept tours d’horloge
Passez muscade,
Au pays de mes rêves,
Banquiers, courtiers, logicieurs
Partent trois mois par an en service civil international
Cèdent leur poste aux chômeurs
Tous vont à l’école de la bonne gestion
Instant brun
Au pays de mes rêves
Il faudra encore balayer la guerre
Sans titres-services
Instant d’or
L’aile de l’avion est palme de paix
Sémira, Yaguine et Fodé voyagent
Pour contempler les nuages
Ibrahim prête son Mp3 à Joe
Anne Frank enseigne l’allemand
A l’école il y a place pour tous
L’enfant revient fatigué mais heureux
Jette son cartable mais soigne ses livres
Tourne comme toupie autour de la grosse mappemonde
Avec sa gomme pour effacer les dernières frontières
Au pays de mes rêves
On ne dit plus Schengen », mais « chouette j’aime »
Et l’on se souvient du vieux poète
« Mon désir est de mieux apprendre ton pays de t’apprendre » (Ethiopiques)
Aux lueurs du couchant
J’allume le petit feu
La fumée épaissit le crépuscule
Son parfum monte comme promesse
Qu’y aura-t-il dans la marmite ce soir?
L’huile chante, l’oignon grésille la tomate s’y jette
Et danse l’eau du riz
C’est l’heure où toutes les femmes
se retrouvent mères ou sœurs,
Où celle qui a donne à celle qui n’a pas
Déploie la nappe sur la table du monde
Au pays de mes rêves
Nous mangeons la mangue
Longtemps après mes lèvres ont le parfum de ta peau
Et t’ envoient des mots doux que tu n’entends pas
Longtemps encore de secrètes pulsations secouent nos sexes
Et font mémoire de notre bref Eden
Françoise Nice
Bruxelles, avril 2006, avant le double meurtre et l’agression racistes du jeudi 11 mai à Anvers.
(*)Ce texte a été primé au concours de la Maison de la Francité. Le thème proposé pour l’édition 2006 était : « Le pays de mes rêves », en hommage à Léopold Sédar Senghor.
Une joie à partager avec Songull Koç, et les familles d’Oulemata Niangadou et Luna Drowart, et les sans papiers qui font d’insistantes prières démocratiques en occupant 36 églises et lieux publics en Belgique.
11:30 Publié dans Poésie | Lien permanent | Envoyer cette note
01.01.2006
Politichiens
Politichiens
Devant l’escalade de la démagogie
Les politichiens découvrent leurs animosités
Les partis au pouvoir nous disent la même chose
Pour la même cause et dans ce face à face
Les sans papiers se trouvent face à leur dessein
Tout en écoutant la symphonie politichienne.
C’est la symphonie de leurs démagogies
Qui mène à la tour du pouvoir
C’est la course à la xénophobie
C’est la course au pouvoir.
Les politichiens sont d’accord
Mais ils ne seront jamais d’accord.
Car l’opposition est radicale
Parti au pouvoir radical
La démagogie inamicale
La démocratie raciale et
C’est le règne de l’arbitraire.
Le tiers monde dépouiller
Les frontières fortifier
L’immigration animaliser
Les populations désinformer
Les cent papiers expulser.
Ceuta - Melilla fusiller
Les banlieues carboniser
Manifestants emprisonner
Saint-Boniface oublier et
Les politichiens jubilent.
ALI GUISSE
Coordinateur et porte-parole
De l’UDEP et de l’église ST Boniface
19:45 Publié dans Poésie | Lien permanent | Envoyer cette note
30.11.2005
Occupant de Saint Boniface
Mais tu restes serein.
Tu ne sais pas
Où demain tu serras,
Tu es appelé
Sans papier.
Aujourd’hui tu occupes une église
Espérant quitter cette vie grise
Tu n’es pas seul,
Beaucoup le veulent.
Pour retrouver le sourire
Il faut pouvoir croire en l’avenir.
Mais quelques uns ne le comprennent pas
Et pour ça tu en es la.
Tu rêves juste d’un lendemain
Avec un meilleur destin
D’un avenir
Fais de sourires.
Mais ce droits la,
On ne te le donne pas.
Tu es décidé
Tu ne te laisse pas allé,
Tu es un conquérants
Qui sortira gagnants !
Séverine Mathy
16:02 Publié dans Poésie | Lien permanent | Envoyer cette note

