31.07.2006

Communiqué des Sans-papiers de l’église Notre Dame immaculée au centre fermé de Vottem

Avant tout, on tient à vous remercier, vous tous qui nous soutenez, « Les Occupants de l’église Notre Dame immaculée d’Anderlecht », un soutien qui nous réconforte et soulage notre désarroi.

Beaucoup de mots à vous dire pour remercier, mais vu ce qu’on a subi depuis notre expulsion de l’église et la maltraitance… Nous tous on vit un calvaire permanent : on ne dort plus, à chaque fois qu’on ferme l’œil on voit les agents des services de l’ordre qui nous ont fait subir des insultes, ont tapé ; et dire qu’on est dans un pays de droit et de démocratie.

Ce jour là on nous a considérés pire que des terroristes, c'est-à- à dire doubles menottes aux pieds et aux mains. Ceci n’est que l’épilogue de notre histoire qui est d’ailleurs triste, touchante…

On peut vous écrire des pages, pour vous raconter la terreur de chacun d’entre nous. On ne comprend pas pourquoi, ils ont diffusé à la télé juste les images de notre sortie de l’église, pourquoi ils ne nous ont pas montrés quand on a été dans la cellule menottés et qu’on les suppliait pour qu’ils desserrent les colsons, pourquoi ils n’ont pas montré aussi quand ils nous frappaient et mettaient nos têtes contre le gravas "dans la caserne des sapeurs pompiers" et c’était des coups dans le visage, le dos, c’est "comme vous écrasez une clope" : avec leur casques, matraques, en plus les bombes lacrymogènes… pourquoi ils n’ont pas montré que pour chacun de nous, il a fallu 5 à 6 policiers. Est-ce que vous-vous imaginez, vous vous rendez compte, pour 48 personnes, ils avaient besoin de toute la police de Bruxelles même plus ; c’est inadmissible, injuste, inacceptable. Tout ce déploiement des forces de l’ordre, était-il nécessaire ? Sommes-nous des terroristes ? Non, nous ne sommes que des êtres humains, égaux, qui ne demandent qu’un peu de reconnaissance, de dignité, mais cette dernière "dignité" a été depuis ce fameux 4 juillet, bafouée, piétinée, au point de nous prendre comme des vaches, comme témoigne la réaction de cet agent de police : au moment de passer une autre paire de menottes à l’un d’autre nous qui gémissait, ce dernier lui a dit de brouter l’herbe. Est-ce raisonnable… ?

Nous espérons avoir donné un aperçu de l’enfer que nous avons vécu.

Mesdames, messieurs, en attendant votre réponse, veuillez agréez, Mesdames, Messieurs, nos sentiments les plus bafoués.

Signé : Les Sans-papiers
de l’église Notre Dame d’Anderlecht (1070) Bxl
au centre fermé Vottem (Liège)

02.07.2006

une centaine de grévistes de la faim, dont une dizaine de Belges

Il y a en Belgique plus au moins une centaine de
grévistes de la faim, dont une dizaine de Belges.

J’ai été voir Jean Marie à Bruxelles qui est en grève
de la faim depuis 2 jours.
En tant que médecin j’ai du constaté que Jean Marie
présente TOUTES les contre-indications pour entamer
une grève de la faim. C’est TRES GRAVE et sa vie sera
TRES vite en danger.

Je m’adresse à tous les grévistes de la faim : il y a
des contre-indications formelles à une grève de la
faim.
Demandez s’il vous plait l’avis de votre médecin avant
de passer à l’acte.

Eveline Dal Médecin

 




24.05.2006

Communiqué de presse du Bureau des Etudiants Administrateurs de l’ULB.

Le Bureau des étudiants administrateurs de l’Université Libre de Bruxelles s’inscrit dans la tradition de lutte des sans papiers pour la régularisation, contre les centres fermés et pour une politique de l’asile et de l’immigration qui tienne enfin compte des conventions signées par la Belgique.
Le BEA soutient l’action des sans papiers depuis qu’elle a recommencée en octobre 2005 à l’église Saint-Boniface. Il a développé un partenariat avec l’Union de Défense des Sans Papiers qui débouche aujourd’hui sur l’accueil de 10 sans papiers par l’Université Libre de Bruxelles, de plus, le Foyer Culturel de l’Université sera mis à disposition pendant la journée. Cette occupation accueillera des personnes en séjour illégal qui n’ont jamais introduit de demande d’asile, en effet, la clandestinité est le produit de la politique actuelle. Une solution globale doit être formulée qui réponde à la diversité de situations que vivent les sans papiers.
A cette occasion, l’ULB, en tant qu’institution, s’est prononcé en faveur d’une inscription dans la loi de critères clairs et permanents de régularisation.
Le BEA participe évidemment à cette revendication qui constitue le socle minimum de soutien. Il souligne cependant qu’une solution structurelle ne peut pas être formulée dans une circulaire qui n’offre aucune garantie sérieuse : une loi doit être votée. En outre, les étudiants de l’ULB s’expriment en faveur d’une chambre permanente et indépendante d’examen des demandes de régularisation, dotée d’une plénitude de compétence.
Le BEA dénonce la réforme de la loi du 15 décembre 1980 menée par le gouvernement, qui est le produit de politiques sécuritaires (sauf pour ce qui est de la protection subsidiaire qui est la transposition d’une directive européenne). Entre autres dispositions, elle durcit les conditions du regroupement familial et introduit 15 nouvelles hypothèses d’enfermement (article 65).
Surtout, rien n’est prévu en matière de régularisation ce qui est souligné par la section de législation du Conseil d’Etat : « Les dispositions en projet n’auront […] pas pour effet de mettre fin à l’insécurité juridique régnant en la matière, notamment quant à la valeur juridique qu’il convient de conférer aux diverses circulaires édictées en vue de mieux circonscrire les pouvoirs du ministre ou de son délégué »[1].
Les étudiants de l’ULB appellent donc tous les partis politiques, francophones et néerlandophones, à prendre leurs responsabilités en cohérence avec leurs engagements.
Enfin, l’examen d’éventuelles solutions structurelles et législatives à la problématique des sans papiers ne peut faire abstraction de l’archipel concentrationnaire de centres fermés qui se construit et s’étend d’année en année sur le territoire belge. La fonction temporaire de mise en œuvre de l’expulsion, voulue par le législateur, est largement remise en cause par la pratique administrative et la criminalisation de l’étranger. Aujourd’hui, on peut enfermer des hommes, des femmes et des enfants, innocents, jusqu’à 8 mois sans contrôle ni recours judiciaire. De plus, la résistance à l’expulsion fait courir un nouveau délai de 8 mois.
Ces procédures d’exception suspendent dans les faits les droits et libertés démocratiques à l’égard d’une partie de la population et mettent à néant notre système politique et juridique. En tant qu’étudiants et en tant que futurs juristes, médecins, professeurs, entrepreneurs, ingénieurs, intellectuels et chômeurs, nous dénonçons ces pratiques et réaffirmons notre solidarité avec tous les sans papiers.   
[1] Avis conseil d’état, section législation, 39.718/AG, p.20 et 21.
DEP.
développé un partenariat avec l'r la régbre 2005
Contact : Philippe Santini, 0474 576 780, psantini@ulb.ac.be
                Allan, 0472 34 63 63 , allanwei@ulb.ac.be.be
Martin, 0484 635 695
                                                                                                                                                        

24.04.2006

Nouvelle occupation

 

Bruxelles, le 23/04/2006

 

Résolument déterminés à exprimer leur désir de vivre dignement et légalement en Belgique, et soutenus par des citoyens belges de plus en plus nombreux, les « Sans papiers », sous la coordination de l’UDEP, continuent d’occuper presque tous les jours de nouveaux espaces religieux et philosophiques.

C’est dans cette stratégie d’occupation et de refuge dans ces espaces que les « Sans papiers » de l’UDEP Bruxelles vont s’installer le lundi 24 avril 2006 à 10h00, avec l’accord du curé de la paroisse, dans l’église Saint-Curé d’Ars, sise av. de Haveskercke 25, à 1190 Forest.

La problématique des « Sans papiers » de Belgique, le projet de loi UDEP ainsi que l’ampleur du soutien de la société civile belge à ces « Sans papiers » sont en passe de devenir des sujets de préoccupation internationale et notamment européen. En effet, l’occupation de l’église Saint-Curé d’Ars sera entièrement filmée par les caméras de la chaîne publique de télévision France 3 ainsi que de la chaîne italienne « La sette ». L’UDEP remercie d’avance les médias belges, de la presse écrite comme audio-visuelle, qui accorderont à cette occupation l’espace médiatique que lui accordent de plus en plus d’autres médias européens.

 

L’UDEP profite de cette nouvelle occupation, qui est loin d’être la dernière, pour lancer un appel au gouvernement afin que ce dernier renonce à sa réforme de la loi sur le séjour des étrangers et notamment la modification des dispositions de l’article 9 alinéa 3.

L’UDEP demande par contre que tous les cas de « Sans papiers », qui ne sont pas tous des demandeurs d’asiles, soient clairement solutionnés à travers une loi définissant des critères clairs, objectifs et permanents de régularisation. L’UDEP rappelle à ce propos, une fois encore, son projet de loi et les propositions conséquentes déjà présentées à la chambre. Les critères proposés par l’UDEP ont été en quasi-totalité repris par ECOLO et partiellement par le CdH et le PS, ce dernier étant un parti de la majorité gouvernementale.

 

Enfin, l’UDEP souhaite et espère que la problématique des « Sans papiers », qui est loin de se réduire à une question de délai de traitement des seules demandes d’asile, restera toujours au premier plan de l’actualité médiatique, parallèlement au mouvement de soutien aux « Sans papiers » qui ne cesse de s’amplifier.