15.10.2007

ACCORD DE L’ORANGE BLEUE SUR LA POLITIQUE DE MIGRATION

A nouveau quelques rustines qui éludent le débat de fond

Depuis des années, le Mouvement Ouvrier Chrétien attend des réponses claires et justes aux questions posées par l’immigration. Sur base des éléments en notre possession, l’accord engrangé par les négociateurs de l’Orange bleue est totalement insatisfaisant.

Le Mouvement Ouvrier Chrétien et les organisations qui le constituent (CSC, Mutualité Chrétienne, Vie Féminine, la JOC, les Equipes populaires) constatent que les négociateurs ont éludé le véritable débat de fond sur l’immigration, privilégiant des réponses provisoires et partielles.

-  Le MOC réclamait des critères clairs de régularisation, coulés dans une loi et appliqués par une commission indépendante. Les négociateurs se sont bornés à clarifier certains critères qui seront traduits dans une simple circulaire.

-  Le MOC demandait la régularisation urgente des sans papiers sur base de critères simples. L’Orange bleue se borne à envisager la régularisation, au cas par cas, des personnes qui sont dans une procédure légale ou qui ont trouvé du travail en Belgique. Les critères liés aux procédures sont à ce point complexes qu’elles excluront nombre de gens. Quant au critère de l’emploi, il ne sera guère rencontré puisque les employeurs rechignent à déclarer leurs travailleurs au noir.

-  Le MOC exigeait la fin de l’enfermement des enfants et de leurs familles. L’accord de cette nuit prévoit la création de « structures adaptées aux familles », notamment dans des casernes désaffectées. Si le décor change, l’enfermement restera. Et la Belgique continuera à violer les conventions internationales.

Or, ces trois mesures sont les points les plus « positifs » de l’accord. En effet, comment se réjouir de l’important volet « immigration économique » contenu dans le texte ? En appliquant des critères strictement économiques, même en concertation avec les partenaires sociaux, l’Orange bleue entre dans une logique de sélection purement opportuniste. Elle limitera l’immigration à des personnes choisies pour leurs compétences. Sans tenir compte des conséquences sur les pays d’origine de ces nouveaux migrants.

- Cette politique est humainement inacceptable puisqu’elle ignore les motivations économiques, politiques ou humanitaires principales des candidats migrants.

- Elle est discriminatoire à l’égard des femmes immigrées car beaucoup de celles-ci sont faiblement qualifiées et sont employées dans l’économie informelle.

- Elle est économiquement dangereuse car elle n’encouragera pas les entreprises à investir dans la formation des nombreuses personnes sans emploi sur notre territoire.

Enfin, le MOC s’inquiète de la fixation de critères plus stricts pour l’obtention de la nationalité et pour le regroupement des familles. Deux types de démarches généralement légitimes qui renforcent l’autre dans sa dimension citoyenne au lieu de le réduire à sa valeur purement économique.

Dans l’attente qu’un gouvernement se mette en place, le MOC réaffirme sa demande d’un moratoire sur les expulsions. Il est inconcevable en effet de continuer à rapatrier des personnes qui rentreraient peut-être dans les critères de la future circulaire.

Thierry Jacques

Président du MOC

 

16.07.2007

RAPPORT DU DEROULEMENT DES ELECTIONS AUX DFFERENTS POSTES DU BUREAU NATIONAL DE L’UDEP

Conformément à la Charte de l’UDEP votée par toutes les sections de l’UDEP le 03 février 2007 dans son titre II article 5  qui fixe les catégories de membres de l’UDEP.

Conformément au titre IV de la Charte qui définit le fonctionnement des organes de l’UDEP et dans son article 14 qui donne le pouvoir à l’assemblée générale de mettre en place une commission électorale indépendante en vue d’organiser les élections des membres aux différents postes du Bureau national.

Vu le procès verbal en date du samedi 10 février 2007 mettant en place à Bruxelles la Commission électorale indépendante ayant pour première tâche l’élaboration d’un projet de procédure et critères d’éligibilité des membres aux différents poste du bureau national.

Vu la composition de cette commission par 12 délégués dont les noms  suivent :

DEFFOKOUA Joseph Raymond (délégué de Bruxelles)

KABA N’faly            (délégué de Bruxelles)

NDEP Marc (délégué de Bruxelles)

DIALLO Ibrahima Sory (délégué de Bruxelles)

ABDELLA M. (délégué de Bruxelles)

FEHNI Kamilia (délégué de Bruxelles)

MESSAOUDI Abdel Mouhcine (délégué de Bruxelles)

DIAZ (délégué de Bruxelles)

Jean Bosco SODANGBE (délégué de Charleroi)

GRANSQUINT Bernadette (déléguée de Charleroi)

ELMOSHTOHRI Osama (délégué de Charleroi)

HAROUNA Kimba Badidjé (délégué de la Louvière)

 

Vu le Procès verbal des travaux de cette commission remis à l’assemblée générale de l’UDEP le vendredi 16 février 2007 et adoptés par l’AG.

Conformément  au point a.1 des travaux de la commission concernant la procédure et les  critères d’élection qui  interdit les candidats aux différents postes du bureau national de faire partie de la CEI (Commission électorale indépendante), et qui demande que le nombre des membres de cette commission soient réduit à 5 personnes.

Vu le procès verbal du 10 mars 2007 qui réduit le nombre des membres de la CEI à 5 membres suivant les travaux de la commission remis le 16 février 2007et adopté par l’AG.

Vu la composition définitive de cette commission par les membres suivants :

SEYDOU DIABATE Adama (délégué Arlon)

Jean Bosco SODANGBE (déléguée de Charleroi)

DIALLO Ibrahima Sory (délégué de Bruxelles)

KABA N’faly (délégué de Bruxelles)

ABDEREZAK  Chebbah (délégué de la Louvière)

 

Vu le procès verbal en date du 25 juin 2007 fixant les dates de clôture des candidatures et d’ouverture du scrutin adopté par l’assemblée générale de l’UDEP où étaient présent les délégués suivants :

-      Jean Bosco SODANGBE          (Délégué élu de Charleroi)

-      KINANGA Alfa                       (Délégué de Verviers)

-      N’faly KABA                          (Délégué élu de Forêst Bruxelles)

-      Kimba HAROUNA                  (Délégué élu de la Louvière)

-      MESSAOUDI Mouhcine          (Délégué UDEP Bruxelles)

-      BEKKAL Mohamed                (Délégué Charleroi)

-      Fabien MBAMBI                    (Délégué de Liège)

-      ELHAYHWI ABDELKHALIK      (Délégué Bruxelles)

-      SABEK Taoufik                     (Délégué de Liège)

-      SIDIKI SAÏD                        (Délégué de Forêst Bruxelles)

-      Condé MOHAMED                 (Délégue d’Anvers)

-      José MUKADI                       (Délégué de Liège).

 

La Commission électorale Indépendante (CEI)  par ses communiqués N°1 et N°2  a fait appel aux candidatures et a reçu les candidatures suivantes.

 

-      Mr. CONDE Mohamed (Anvers)

-      Mme MAMEDOVA Violetta (Anvers) 

-      Mr. MBAMBI KUSUANIKA (Liège)

-      Mr. Taoufik (Liège)

-      Mr. Anicet MUAMBA Tshilengu (Verviers)

-      Mr. Alfa KINANGA (Verviers)

-      Mme MUSANSI Joséphine (Charleroi)

-      Mr. BATTY Djeri (Charleroi)

-      Mr. Kimba  HAROUNA (Louvière)

-      Mr. NFALY Kaba (Bruxelles)

-      Mr. SNOUSSIA Mebarki (Bruxelles)

          Mr. Tourad Kane  (Gand) 
          Mr.  Abdeljalil Harimi (Gand) 
   
 Suivant ces candidatures la CEI a reçu et acceptée la  démission de Monsieur KABA N’faly en qualité de membre de la CEI pour lui permettre de poser sa candidature conformément aux textes électoraux votés par l’AG. 

Ainsi la  CEI par son communiqué N°3 a convoquée les électeurs et les candidats aux élections ce lundi 09 juillet 2007  au Centre d’action  Laïque sis au boulevard d’Avroy n°86- 4000  Liège à 14 heures.

Sont présentsce jour 09 juillet 2007, les candidats, les délégués des sections de l’UDEP  (Arlon, Anvers, Bruxelles, Charleroi, Liège, Louvière, Seraing, Verviers et Forest), les électeurs, les observateurs (CRACPE, CROIX ROUGE, Point - appui, Assemblée des voisins) et les invités pour l’élection du bureau national de l’UDEP.

Sont absents  CIRE, FGTB, CSC, CRER qui ont été tous de même invité.

Après la mise en place des personnes pré–citées le Porte parole du bureau provisoire sortant Monsieur José MUKADI a fait la genèse du mouvement. Il a évoqué les difficultés rencontrées durant sa gestion du mouvement et a déploré aussi des problèmes internes de la section de l’UDEP Bruxelles dont les membres ne sont jamais arrivés à s’entendre sur l’élection d’un porte parole acceptable par tous dans cette section de l’UDEP Bruxelles.

 

Il invite tous les sans papiers à l’union, à la détermination et surtout à la vigilance pour faire échec à tous les fauteurs de trouble qui pensent profiter de la situation des sans papiers dans leur intérêt personnel.

Il remercie tous les participants aux élections et demande à tout un chacun le sérieux et le sens de responsabilité durant les élections.

Suite à l’intervention de Monsieur José MUKADI un groupe de (10 personnes environ) se déclarant ‘’UDEP-Bruxelles-régional’’ ayant à sa tête comme porte parole DEFFOKOUA Joseph Raymond, (Signataire de la Charte, des travaux de la CEI adoptés, signataire de tous les assemblées générales d’avant le mois de juin 2007),

Monsieur Géraldo, Abdel, et  la dame Myriam tous se réclament membres de

‘’ UDEP-Bruxelles régional’’ soutenu par Monsieur Jean marie LISON  ont voulu tous prendre à la fois la parole par les cris, les vociférations, les menaces, dans le but de perturber le bon déroulement des opérations de vote.

 

Selon ce groupe, il réclame un débat à la place des opérations de vote initialement prévues, avec aussi la remise en cause de la charte, des travaux de la commission électorale et aussi  de la commission elle-même, dont les travaux et la mise en place ont été signé par leur  propre porte parole DOFFOKOUA joseph Raymond.

Ce groupe a monopolisé pendant un quart d’heure la parole et le micro dans le but de faire le populisme, la salle devenait invivable, et aucun  des observateurs et invités ne croyaient plus aux élections.

Après plus de deux heures de gestations inutiles qui n’ont pas leur place dans les opérations de vote si ce n’est pas une manière de perturber le  bon déroulement des élections, la CEI par sa sagesse et sa compétence acquise a demandée de recevoir les doléances de ce groupe et de mettre leurs exigences aux votes par les délégués  des sections présents.

 

La CEI  (Commission Electorale Indépendante) par la voix de son  Président Monsieur Jean Bosco a demandé au groupe soit disant dénommé ‘’UDEP- Bruxelles -régional’’ de se concerté pendant quinze minutes et permettre à leur porte parole de venir devant l’assemblée présenter les doléances afin de les mettre au votes. Elle a également demandée au groupe soit disant dénommé  ‘’UDEP-Bruxelles-régional’’ de choisir deux candidats pour les postes à pourvoir au bureau national.

 

Après plus de 15 minutes comme initialement prévues le groupe était revenu vingt cinq minutes plus tard poser les conditions de  leur participation  aux votes à savoir :

1)      L’intégration d’un membre de ‘’ l’UDEP- Bruxelles – régional’’ au collège provisoire de l’UDEP

2)      La mise en place d’une nouvelle commission électorale

3)      Le report des élections prévues ce lundi 09 juillet 2007.

Ces doléances mises aux votes ont été rejetées  à l’unanimité par toutes les sections de l’UDEP présentes.

Suite à ce rejet, ce groupe soit disant dénommé ‘’UDEP-Bruxelles-régional’’  par la bouche de son porte parole DEFFOKOUA Joseph Raymond, (Signataire de la Charte, des travaux de la CEI adoptés, signataire de tous les assemblées générales d’avant le mois de juin 2007) a déclaré la création d’une nouvelle association soit disant dénommé ‘’ Union pour la défense des personnes sans papiers’’ qui est dirigée par Monsieur Oscar de la CRER, et il invite les membres de l’UDEP national à venir les rejoindre. Ce groupe  a quitté la salle sans dépôt de candidature.

 

Suite au départ de ce  groupe soit disant dénommé ‘’UDEP-Bruxelles-régional’’  le calme et la sérénité  sont revenus dans la salle. Le président de la CEI a procédé au contrôle du quorum, de la régularité effective des candidats.

 

Il ressort de ce contrôle que :

-      les deux candidats de Gand sont absents

-      Un candidat de Charleroi est absent (Empêché par son employeur)

-      Un candidat de Liège à retirer sa candidature

-      Un candidat de Verviers est absent (Empêché par son employeur)

Le nombre des candidats est effectif à 8 personnes.

Il ressort du  contrôle des délégués électeurs que :

-      La section d’Arlon a 1 électeur

-      La section d’Anvers a 2 électeurs

-      La section de Bruxelles a 2 électeurs

-      La section de Charleroi a 3 électeurs

-      La section de la Louvière a 1 électeurs

-      La section de Liège a 3 électeurs

-      La section de Seraing a 2 électeurs

-      La section de  Verviers a 3 électeurs

Le nombre des délégués électeurs des sections de l’UDEP est effectif à 17 personnes.

Il est à noter que chaque section doit présenter 4 personnes (2 candidats et 2 délégués électeurs) d’où les absences sont considérées comme des abstentions.

La liste des électeurs a un nombre effectif de 25 personnes.

Après cette opération de contrôle, il y a eu la mise en place de l’urne vide devant l’assemblée présente, l’indication de l’isoloir, et la mise en place des bulletins de vote de chaque candidat.

Le président de la CEI a expliqué aux électeurs  présents dans la salle le principe du déroulement des votes et a  ordonné les votes section par section appelée, poste par poste à pourvoir, et  pour les candidats concernés.

Notons qu’après le vote concernant un poste, le dépouillement est immédiat devant l’assemblée présente (délégués, électeurs, observateurs, invités etc.).

 

Pour le poste du porte parole national :

2 candidats : (MUAMBA  TSILENGU Anicet   et  MBAMBI Fabien)

Ont voté 25  électeurs

0 Abstention

0 Bulletin nul

MUAMBA  T. Anicet a obtenu  14 voix  (est élu) Porte parole national.

MBAMBI Fabien  a obtenu       11 voix

 

Pour le poste du Porte parole adjoint :

2 candidats : (MANEDOVA Violetta  et Kimba HAROUNA  Badijé)

Ont voté 25  électeurs

0 Abstention

0 Bulletin nul

MANEDOVA Violetta  a obtenue  25 voix  (est élue) Porte parole  national adjoint.

Kimba HAROUNA  Badijé a désisté au profit de MANEDOVA Violetta.

 

Pour le poste du Secrétaire général national :

2 candidats : (KABA N’faly et  CONDE Mohamed)

Ont voté 25  électeurs

0 Abstention

0 Bulletin nul

KABA N’faly a obtenu  15 voix  (est élu) Secrétaire général national.

CONDE Mohamed a obtenu 10 voix

 

Pour le poste du Secrétaire général national adjoint :

1candidate : MUSANSI KWAN’S Joséphine

Ont voté 25  électeurs (Vote à l’unanimité)

0 Abstention

0 Bulletin nul

MUSANSI KWAN’S Joséphine a obtenue 25 voix (est élue) Secrétaire général national adjoint.

 

Pour le poste du Commissaire au compte :

1candidate : MEBARKI Snoussia

Ont voté 25  électeurs (Vote à l’unanimité)

0 Abstention

0 Bulletin nul

MEBARKI Snoussia a obtenue 25 voix (est élue) Commissaire au compte.

 

Pour le poste du Chargé de la sécurité :

1candidat : Kimba HAROUNA  Badijé

Ont voté 25  électeurs (Vote à l’unanimité)

0 Abstention

0 Bulletin nul

Kimba HAROUNA  Badijé a obtenu 25 voix (est élu) Commissaire Chargé de la sécurité.

 

En Conclusion  sur les 11 postes à pourvoir 6 sont pourvus et 5 restent vacants.

Les postes suivants restent à pourvoir et sont mis à la disposition de l’AG seul organe souverain à convoquer une deuxième élection pour occuper ces postes.

Il s’agit :

Des postes du Trésorier national, du trésorier national adjoint, du Chargé de la communication, du chargé de la logistique, et du Chargé de la commission juridique.

 

Suite aux votes exécutées le président de la CEI prenant la parole a remercié l’assemblée présente,( les invités, les candidats,  les observateurs,les électeurs, les délégués etc.) pour le sérieux et le sens de la responsabilité qu’ils ont accordé à cette élection. Il appel le groupe de ‘’UDEP-Bruxelles-régional’’  à ne pas se laisser entraîner par les manipulateurs de conscience à qui profite la situation actuelle des sans papiers et  il leur demande de regagner le bercail.

Le président de la CEI a demandé aux nouveaux élus de lutter pour l’unité du mouvement et d’avoir  le sens de  la responsabilité dans tous les actes qu’ils doivent poser.

Il leur demande d’être à l’écoute, face aux nouveaux enjeux politiques de l’heure, agir à temps au moment qu’il faut à la place qu’il faut dans le respect des droits humains.

Prenant la parole par la suite, josé MUKADI ex porte parole de l’UDEP a invité les observateurs à prendre la parole.

Madame, Christiane de la Croix Rouge et du CRACPE prenant la parole a remerciée tous les participants et surtout le président de la CEI qui a réussi à conduire les opérations de votes qui sont transparentes, malgré les perturbations du début de séance. Ella a plaidée pour l’unité du  mouvement  et a rassurée le mouvement du soutien de ses associations. En fin  elle félicite le nouveau Bureau  pour son élection.
 

Madame France Arets du CRACPE a aussi saluée la transparence de l’élection et a invitée le nouveau Bureau  à aller dans le sens de l’unité du mouvement pour gagner le combat  de la régularisation de tous les sans papiers. Elle assure le mouvement de son soutien.

 

Monsieur Eric Wynant de point d’appui  a félicité les élus, les électeurs  et les membres de la CEI pour la réussite et la transparence des votes. Il assure le mouvement de son soutien.

 

Monsieur jean Marie LISON de l’assemblée des voisins a quitté la salle de vote après l’élection du Porte parole national et son adjoint. (Sans avis).

 

Le porte parole sortant de l’UDEP josé MUKADI a souhaité un bon retour de tous les participants dans leurs lieux respectifs.

 

Les opérations de votes sont clôturées à 19h40mn.

 

Ont signé pour la Commission Electorale Indépendante

 

Jean Bosco SODANGBE                      DIALLO Ibrahim              Adama DIABATE S.

Le Président de la CEI                       Secrétaire  de la CEI            Membre de la CEI

 

 

ABDEREZAK  Chebbah

Membre de la CEI

 

 

03.06.2007

COMMUNIQUE

La machine du Ministre de l’intérieur est en marche pour démobiliser les militants de l’UDEP et expulser la majorité des personnes en attente de régularisation.

Ce samedi 02 juin 2007 à 18h , le bureau de la section UDEP Charleroi vient d’être informer de l’arrestation de son militant DOVOR Frédéric le vendredi 01/juin 2007 à Charleroi.

N° de carte de membre UDEP : 00601055/2006,

N° National 074071855325

N° SP 5596526

Demandeur d’asile en attente de réponse de l’article 9.3. Il se trouve à l’heure actuelle au centre fermé de Vottem.


UDEP demande à tous ses membres une grande mobilisation et vigilance.

Nous signaler toutes arrestations éventuelles.


FAIRE SUIVRE

Jean Bosco Porte Parole UDEP Charleroi




01.04.2007

Carte blanche« Le Soir » samedi 31 mars – dimanche 1er avril 2007


Nous sommes solidaires des revendications de Selma Benkhelifa


Dominique Andrien, Georges-Henry Beauthier, Axel Bernard, Jacques Berten,. France Blanmailland, Joke Callewaert, Grégor Chapelle, Vincent Decroly, Alexis Deswaef, Philippe Favart, Jan Fermon, Ivo Flachet, Guérric Goubau, François-Xavier Groulard, Emmanuelle Halabi, Valentin Henkinbrant, Thomas Mitevoy, Carole Kalenga, Lieve Peppermans, Sylvie Sarolea, Emmanuelle Schouten, Olivier Stein, Alexandra Tempels,
Véronique Van Der Plancke Avocats


Notre consoeur Me Selma Ben Khelifa a débuté ce vendredi 30 mars une grève de la faim aux côtés des 16 ressortissants afghans, eux-mêmes en jeûne à l'église des Minimes de Bruxelles depuis 25 jours (1).

Le geste posé par notre consoeur, aussi fort soit-il, a un sens et les points qu'elle entend dénoncer en menant son action doivent appeler à la solidarité.

En tant qu'avocats pratiquant le droit des étrangers, nous constatons que, confrontés à des situations où une régularisation devrait intervenir (impossibilité de retourner dans son pays d'origine, circonstances humanitaires graves…), nous nous heurtons à des refus incompréhensibles et (quasi) systématiques.

Nous travaillons dans un domaine où l'arbitraire règne et où il nous est devenu difficile voire impossible d'exercer notre métier correctement.

Beaucoup d'entre nous en expriment un découragement certain.

Nous devons de plus en plus déplorer l'absence de recours effectif à l'encontre des différentes décisions prises en la matière : les recours au Conseil d'État n'ont pour ainsi dire aucune chance d'aboutir dans des délais raisonnables dans les dossiers « étranger ».

Nous avons manifesté à plusieurs reprises et de différentes manières pour faire part notamment de la nécessité d'obtenir « l'adoption d'une procédure permanente devant une juridiction indépendante dotée d'un pouvoir de pleine juridiction, chargée d'appliquer des critères clairs dans le respect du contradictoire et des droits de la défense » (pour reprendre les termes de la motion du conseil de l'ordre du barreau de
Liège du 9 mai 2006).

Nous avons dénoncé le système de prime à la grève de la faim instauré par le Ministre de l'Intérieur qui a régularisé les personnes participant à des actions de grève de la faim (les Afghans en 2003, les Kurdes en 2004, les occupants de l'église Saint-Boniface en 2006, pour prendre les exemples les plus médiatisés).

Le cas des Afghans est très symptomatique de ce problème : leur pays est en guerre, c'est l'évidence, on ne sait pas les expulser, et pourtant on ne les régularise pas.

En 2003, après une grève de la faim, le Ministre a constaté
L’impossibilité de retour des ressortissants afghans et, en accord avec le gouvernement, a pris une circulaire pour résoudre le problème. Selon cette circulaire, tous les Afghans arrivés avant le 1er janvier 2003 reçoivent le droit de séjourner temporairement de six mois en six mois et sont régularisés quand ils atteignent trois ou quatre ans de séjour en Belgique. Ils ont également le droit de travailler.

Tous les six mois, cette circulaire est renouvelée, le Ministre admettant par là que la situation en Afghanistan se détériore et qu'il est tout à fait impossible de retourner en Afghanistan.

Les Afghans arrivés après le 1er janvier 2003 sont exclus du champ d'application de cette circulaire. Pourtant, aucun changement n'est survenu en Afghanistan justifiant cette différence de traitement. Dans la pratique, les Afghans arrivés après le 1er janvier 2003 reçoivent un ordre de quitter le territoire.

En avril 2006, une nouvelle grève de la faim a débouché sur la
régularisation des grévistes uniquement. D'autres sortissant afghans ont décidé alors d'entamer à leur tour une grève de la faim durant l'été 2006. II fut cependant mis un terme à celle-ci devant la promesse du directeur général de l'Office des étrangers de trouver une solution à leur situation par le biais d'une nouvelle forme de protection qui devait entrer en vigueur en octobre.

En octobre 2006, le statut de protection subsidiaire entre en vigueur.
Celle-ci vise notamment la protection et l'octroi d'un titre de séjour aux civils qui risquent d'être exposés à des menaces graves contre leur vie en raison d'une violence aveugle en cas de conflit armé interne ou international.

La situation en Afghanistan répond aux critères de cette protection : le pays est en guerre et en proie à une violence aveugle. Cependant, l'Office des étrangers a refusé de prendre en considération les demandes de protection de quasi tous les Afghans, les empêchant ainsi d'accéder à la procédure elle-même.

Face à ce type de décision, seules des requêtes en suspension et en annulation devant le Conseil d'État peuvent être introduites. Le Conseil d'État a suspendu des décisions dont il a eu connaissance (c'est-à-dire les décisions attaquées en extrême urgence, uniquement pour les détenus). Tous les autres cas sont confrontés aux délais habituels que le Conseil d'État prend pour se pencher sur une requête en suspension (deux ou trois ans).

En bout de course, les Afghans se retrouvent dans une situation de non-droit complète. Les avocats qui les défendent ont épuisé les recours juridiques. Ils se trouvent particulièrement désarmés face à ces applications totalement arbitraires de la loi et au refus de se conformer à l'interprétation donnée à celle-ci par le Conseil d'État.

C'est suite à ces événements que 16 Afghans ont débuté une grève de la faim depuis le 5 mars 2007.

Ils attendent que les autorités belges reconnaissent l'impossibilité de retour en Afghanistan et en tirent les conséquences en termes de séjour.

Notre consoeur, Selma Benkhelifa, s'occupe de ce dossier depuis 2003.Elle a épuisé toutes les possibilités que lui offre notre métier pour trouver une solution juridique qui réponde à leur situation.

Face à l'incompréhension et l'arbitraire, elle estime ne plus pouvoir exercer son métier autrement qu'en se joignant personnellement à la grève de la faim menée par les Afghans de l'église des Minimes.

En sa qualité d'avocate, notre consoeur entend aussi réclamer des critères et une commission indépendante qui permettent de rompre avec l'arbitraire du Ministre de l'Intérieur ainsi qu'une procédure respectueuse des étrangers et qui permette aux avocats de faire leur travail.

Sans soutenir spécialement le mode d'action choisi par notre consœur, nous estimons qu'il est impératif de se montrer solidaire avec les revendications qu'elle porte actuellement.

(1) Les grévistes poursuivent temporairement leur grève de la faim à l'église protestante sise au 40 boulevard ischoffsheim, près du Botanique.


27.02.2007

Communiqué de presse: Présentation au Parlement européen d’un ouvrage rassemblant près de 200 témoignages et récits de vie de migrants entre l’Afrique et l’Europe

Entre novembre 2005 et décembre 2006, près de 200 témoignages et récits de vie de migrants subsahariens, marocains, algériens, ont été recueillis et rassemblés dans un ouvrage qui constitue une somme inédite et unique en la matière.

Depuis les événements tragiques de Ceuta et Melilla, les fusillades aux grillages, les déportations de masse au désert, jusqu’aux conditions de vie et de procédure à Bruxelles, Liège ou La Louvière , en passant par le racisme anti-noir et les rafles policières à Rabat, les tentatives de traversée en pirogue, et surtout les raisons pour lesquelles des femmes, hommes et adolescents décident de quitter le pays, la famille, les amis, pour se lancer dans cette terrible aventure, au risque de leur vie… des collectifs se sont réunis au Maroc, au Sénégal, au Cameroun, au Mali, en Belgique, pour rassembler et montrer, à travers ces témoignages à la première personne, toutes les facettes du drame contemporain des migrations entre l’Afrique et l’Europe, mais aussi le courage, les espoirs, les combats de ces femmes et de ces hommes dont le « crime » est la pauvreté et l’origine.

Un livre de plus de 550 pages est publié, et sera présenté au parlement européen, en présence de nombreux témoins qui y ont participé, et qui dialogueront en direct avec des parlementaires des groupes GUE et socialiste. Il sera ensuite diffusé en librairies, dans les écoles, les associations et les maisons de jeunes.

Cette présentation publique est une initiative de l’association « SOS Migrants », du Groupe de la Gauche Unitaire Européenne et du Parti socialiste européen.

Mardi 6 mars 2007 – 10h

Parlement européen - Salle 1G3 - Bâtiment ASP - Entrée Altiero Spinelli - rue Wiertz 60 à 1050 Bruxelles.

Contacts :

Edoardo Boggio – 0494 78 42 61 (GUE)

Pauline Chaigne – 02 284 71 38 (Parti socialiste européen)

Ali Guissé – 0498 33 07 48 (SOS Migrants)

Serge Noël - 0486 85 73 82 (SOS Migrants)

« Paroles d’exils »

Une somme à ce jour inédite de témoignages de migrants, entre l’Afrique et l’Europe.

Présentation

Depuis plus de dix ans, l’Europe dit qu’elle a fermé ses frontières. Après avoir, dans l’après guerre, convoqué des immigrations de travail, et après avoir sacrifié une ou deux générations d’héritiers de ces immigrations qui n’ont été conçues que dans une logique purement économique, d’exploitation et de négation des hommes, nos pays ont décidé de ne pas « accueillir toute la misère du monde », même s’ils accueillaient encore très activement tout son coltan, tous ses diamants, tout son or, tout son pétrole. Cette politique de fermeture a produit deux effets fondamentaux : l’exclusion à l’intérieur de nos frontières, avec la fabrication d’une clandestinité grandissante, et son cortège de travail en noir surexploité, de prostitution, d’enfermements, d’expulsions forcées et parfois mortelles, de logements misérables et surpayés, etc… et l’externalisation à l’extérieur de nos frontières, avec son cortège de noyés, de bateaux perdus en mer, d’enfants morts dans des trains d’atterrissage d’avions, de réseaux mafieux, d’opérations de répression à grande échelle dans les pays nouvellement bombardés gendarmes de l’Europe. Elle a produit, surtout, une situation où les citoyens moyens des pays d’Europe ont appris à considérer comme normal, ou au moins ordinaire, que des êtres humains soient exploités, enfermés, humiliés près de chez eux, dans leurs rues, dans leurs villes, et pourchassés, jusqu’à la mort, aux marches de leur univers pétri de bons sentiments et d’humanisme à paillettes, sans autres raisons que leur pauvreté et leur origine.

Pour justifier une pareille politique inhumaine, il faut évidemment déshumaniser ses victimes. Des campagnes quasi officielles d’encouragement au racisme anti-Noirs au Maroc, aux discours de criminalisation, sur le « danger » supposé de personnes qui représentent au plus 1 % de la population en Espagne ou chez nous, les Etats, la plupart des médias installés, chacun s’affaire à banaliser le drame des migrants, à montrer que ces femmes et ces hommes ne sont pas tout à fait des humains comme nous, et en tout cas, certainement pas des citoyens. C’était donc la parole de ces femmes et de ces hommes qu’il convenait avant tout de restaurer et d’écouter. Le travail de récolte de témoignages qui a permis ce livre, a été réalisé dans cette perspective. Il a commencé en octobre 2005, dans les périphéries populaires de Rabat, s’est prolongé à Bruxelles, à Liège, à La Louvière, dans des églises occupées et dans des associations de quartier, s’est terminé en décembre 2006 à Dakar ou Douala, grâce à des responsables associatifs déjà organisés autour des « refoulés » et leur terrible souffrance.

Toutes les facettes d’un drame contemporain, à la première personne.

Situations de danger liées à une guerre civile, à un conflit ethnique, un arbitraire policier, ou tout simplement la misère et l’absence d’espoir, traversées à haut risque de trois, quatre pays africains, et puis du désert, réseaux de passeurs, tentatives en pirogues, barrages policiers, confiscations des maigres biens, incarcérations dans des conditions inimaginables, refoulements, camps informels près des enclaves espagnoles, événements d’octobre 2005 à Ceuta et nouvelles rafles massives depuis lors, racisme ordinaire au Maroc, mépris et incompétence des fonctionnaires de l’Office des Etrangers qui peuvent ruiner du jour au lendemain une vie qui se reconstruisait, discriminations de toutes sortes, peur des contrôles et du refoulement, angoisse du lendemain… Près de 200 témoignages réunis dans ce ouvrage : toutes les facettes d’un drame contemporain racontées à la première personne. 

Le récit de ces parcours humains et des raisons qui ont poussé ces femmes et ces hommes à s’arracher à leurs familles, au pays de leur enfance, réduisent en poussière irrémédiablement les discours sur la « fascination » des migrants pour l’Europe comme ressort principal de leur projet. C’est un point capital. En effet, combien de fois n’a-t-on pas entendu un ministre de l’Intérieur refuser une régularisation, pourtant rendue indispensable par l’exacerbation de conditions de survie effarantes dues à la clandestinité, voire le plus petit aménagement humain des régimes de procédure, de contrôle, de placement en centre, au nom de la nécessité de ne pas créer « un appel d’air » ? Rendant ainsi implicite une dissuasion à la migration par l’organisation sciante d’un « accueil » inflexible et cruel.

L’initiateur.

L’association « SOS Migrants » a pour ambition de rassembler des parlementaires et militants politiques, des acteurs associatifs, culturels, des artistes, des citoyens avec ou sans papiers, dans une démarche commune de dénonciation, de protestation, mais aussi de réflexion sur les questions posées par la politique des Etats en matière de migrations aujourd’hui. Nous ne prétendons en aucun cas remplacer les partis politiques dans la nécessaire redéfinition d’une politique juste et humaine en ces matières. C’est leur job. Et c’est aussi leur responsabilité, une très grave responsabilité qu’ils devront assumer très clairement lors des prochains rendez-vous électoraux. Nous voulons contribuer à démonter les mécanismes idéologiques et politiques qui tendent aujourd’hui à justifier l’injustifiable, nous voulons à tout moment montrer que ces pratiques inhumaines et stériles entrent en contradiction formelle et permanente avec les discours et les objectifs affichés d’une Europe démocratique et humaniste. Nous voulons pointer du doigt sans équivoque le trou noir effrayant dans la matière sociale, humaine, dans le Droit, que créent quotidiennement ces politiques. Nous voulons démontrer que le génie des hommes, quelle que soit leur couleur, celle de leurs papiers, leur origine, leur culture et leur place dans la société, pourrait permettre une autre Europe, une autre Afrique, d’autres relations entre celles-ci, comme il le fait chaque jour, et modestement, à l’échelle des amitiés, des écoles, des quartiers. Nous voulons favoriser toutes les prises de conscience, au niveau politique comme culturel ou citoyen, permettant de poser des actes de solidarité, d’humanité, et de fonder une autre vision de notre société, de notre planète commune.  

Extraits de l’introduction.

Bruxelles, janvier 2007.

Pour l’association « SOS Migrants »,

Serge Noël, écrivain et responsable associatif, Nadia El Yousfi, députée bruxelloise et échevine PS, Céline Delforge, députée bruxelloise Ecolo, Ali Guissé, travailleur social et membre de l’Union pour la Défense des Sans Papiers, Souhail Chichah, chercheur en économie à l’Université libre de Bruxelles, Aziz Mkichri, militant et responsable associatif.

Paroles d’exils

récits et témoignages de migrants entre l’Afrique et l’Europe

Editions Biliki /  Le Chant des Rues

550 pages - 12 euros – 50 dirhams – 2.500 FCFA

Disponible en librairies, sur www.rezolibre.com et chez les éditeurs.

Extraits de témoignages

1. Fiston Massamba Congolais, Maroc : la remontée depuis le Congo, la traversée du désert, la vie au Maroc – page 8.

2. Ali Guissé, Ivoirien, Belgique : les raisons du départ, les persécutions ethniques, l’expérience de l’UDEP, St Boniface – page 12.

3. Aristide Koffi, Guinéen, Belgique : devenir enfant des rues à 16 ans – page 17.

4. Madame Hakima, Algérienne, Belgique : fuir les islamistes d’Algérie, vivre en Belgique dans l’angoisse et la dépendance – page 20.

5. Willy Bayanga, Congolais, Maroc : l’organisation sociale dans la forêt de Bel Younech, les événements de Ceuta, octobre 2005, le refoulement dans le désert, l’expérience du Conseil des Migrants subsahariens au Maroc – page 25.

6. Fred Ngoundjo, Camerounais, Belgique : faire de hautes études spécialisées, malgré les galères matérielles et morales, et être rejeté en bout de course – page 28. 

7. Boubacar Diallo, Guinéen, Belgique : victime d’une tentative de coup d’Etat, la prison et la torture, l’arrivée en Belgique et les vexations de l’Office des Etrangers – page 30.

8. Placide Nzeza, Congolais, Maroc, Suède : la vie dans la forêt de Bel Younech, les raisons des événements d’octobre 2005, les rafles à Rabat – page 35.

1. Fiston Massamba, Congolais, Maroc, secrétaire du Conseil des Migrants subsahariens au Maroc.

« La traversée du Désert.

Le lendemain, le chauffeur est venu nous chercher au volant de sa 4x4. Il y avait un Nigérien et quatre Congolais qui faisaient partie du convoi. On nous amenés à 10 km de là, au point de rendez-vous. C’est là que nous devions soigneusement ranger nos affaires et nos provisions. Pour trois jeeps, nous étions presque 100 personnes ! Dans notre jeep, il y avait 27 personnes avec tous les bagages. Nous étions vraiment comme dans une boîte à sardines. Et dire qu’il allait falloir voyager trois jours dans ces conditions. Avant même de partir, j’avais la tête qui tournait. Je me posais plein de questions à propos de la chaleur, du nombre de gens, de la promiscuité. J’avais l’impression de voir ma mort. Et pour les filles, ce devait être encore plus dur. Nous avions finalement convenu de partir à Janet. Nous voici donc en route. Nous étions 4 Congolais, tous les autres étaient des Nigériens. C’était pénible ce voyage, car on se bousculait dans cette petite remorque. Il y avait des menaces. La promiscuité faisait qu’il était difficile de nous entendre avec nos frères Nigériens, qui cherchaient à tout prix à nous mater. Parfois, ils utilisaient nos prévisions sans que nous le sachions. C’était horrible. La chaleur chauffait nos corps. Au deuxième jour de voyage, nous avions épuisé notre eau. Je me rappelle avoir perdu connaissance à cause de la chaleur et de la promiscuité. Il y en avait qui étaient carrément prêt à nous faire du mal pour nous prendre ce que nous avions. Il fallait être prudent. Il nous fallait arriver au puits pour pouvoir avoir  à nouveau de l’eau. Mais une fois arrivés, les Nigériens ne veulent pas que je puise de l’eau, on a failli se battre d’ailleurs. Luc était un peu réservé, mais moi je n’avais pas peur d’eux, même si je savais qu’on était moins nombreux. Ca a vraiment failli dégénérer. C’est un Nigérien sage qui parvint à calmer le jeu. La nuit qui suivit, le voilà qui vient me demander de l’accompagner pour puiser de l’eau. J’ai carrément refusé, car il était accompagné d’autres Nigériens et je pressentais des projets machiavéliques en lui. J’avais rêvé que des gens me poussaient dans le puits. C’était vraiment un voyage épuisant. J’avais du mal à contempler la belle nature qui s’offrait à nous, à travers notre voyage. C’était vraiment un désert, et les trois jours de voyage semblèrent une éternité. C’était pénible, atroce, douloureux à tout point de vue. Je pensais que je n’y arriverais jamais. A un moment, on a commencé à voir de la lumière électrique, très loin devant. Cela donnait de l’espoir à tout le monde. Le troisième jour le chauffeur nous déposa près d’un aéroport, nous étions proches des frontières algérienne et libyenne. Il nous dit de nous cacher, que nous continuerions notre route le lendemain, à l’aube. Nous avions tous peur de rester là, nous croyions qu’on allait venir nous arrêter. Nous avons attendu jusqu’à 20h dans la peur totale. Le chauffeur arriva avec un monsieur algérien, il avait fait sa toilette. Il vint vers nous et nous expliqua que nous allions continuer notre voyage vers l’Algérie et la Libye, mais que l’on devait marcher un peu pour atteindre l’endroit où il avait laissé la jeep. C’est important de dire que pendant tout ce temps, un lien très fort s’était tissé entre Luc, Monique, Dorelle et moi (les 4 Congolais). J’avais compris cet adage selon lequel dans la peine on se lie d’avantage. Cette épreuve nous avait soudés. Nous montâmes dans la jeep et le voyage continua. Après une heure de route, on apercevait déjà, au loin, les lumières d’une ville. Le chauffeur nous fit descendre. Je ne comprenais pas ce qu’il disait, car il s’exprimait en peul. Finalement, je compris que le voyage s’arrêtait ici et que nous devions continuer seuls notre chemin. Il nous abandonnait en quelque sorte au beau milieu du désert. Il indiqua la gauche à ceux qui voulaient se rendre en Libye, et la droite pour ceux qui voulaient passer en Algérie. La véritable raison, c’est que le chauffeur peut faire de la prison s’il est pris avec des clandestins à bord de sa jeep. Le désert fut un moment à la fois court et long, très fort en émotion. Je ne croyais pas que j’arriverais jusqu’au bout, mais Dieu merci je me suis accroché.

Adamou, à Arlit, avait pris soin de nous donner les cordonnées du chairman congolais qui vivait à Janet. Il s’appelait Séraphin. C’était pratiquement notre seul repère, pour nous autres Congolais. Adamou nous avait dit d’appeler Séraphin dès notre arrivée. Il nous rejoindrait et nous aiderait à continuer notre voyage. Mais en attendant, il fallait continuer à marcher. On voyait toujours la lumière de très loin, sans voir la ville. On était dans le noir total. A un moment, nous sommes arrivés à un endroit où deux chemins se croisaient. Je voulais suivre à la lettre la direction que nous avait indiquée le chauffeur. Les Nigériens qui étaient avec nous voulaient dévier et prendre l’autre chemin. Je réussis à convaincre mes compatriotes de prendre le chemin que le chauffeur nous avait indiqué. Les filles souffraient beaucoup. Je me souviens de Dorelle tombant, pleurant et me demandant de l’aider à prendre ses bagages, car moi je voyageais léger. J’avais jeté toutes les choses encombrantes. Tandis qu’elle pleurait, les autres continuaient. Il fallait faire vite. C’était vraiment horrible. Ce sont des scènes qu’on n’oublie pas. Si je ne me trompe pas, nous avons dû faire 100 kilomètres à pied, et cela en plein désert sans savoir vraiment où on allait. Je me rappelle d’une prière que j’avais faite alors : « Seigneur, sois avec moi ». J’avais alors pris les commandes de la troupe. On marchait, on arrêtait pas de marcher c’était pénible. On écoutait les aboiements des chiens. On comprenait qu’on approchait de la ville. A un moment nous vîmes de loin des apparences de char. On se jeta à terre, croyant qu’on allait nous tirer dessus. Ensuite, nous suivîmes les traces d’une voiture jusqu’à ce qu’elles disparaissent. C’était affreux. En plus, nous avions dû jeter nos dernières provisions d’eau en cours de route, car elles pesaient trop lourd. Nous arrivâmes finalement à proximité de la ville, il fallait qu’on se cache pour chercher la route et pouvoir téléphoner à Séraphin. Dieu seul sait combien son numéro était plus que précieux. A un moment donné, on aperçut une voiture de police. Ce fut la panique totale. Monique, Luc et Dorelle s’enfuirent. Je constatai que j’étais seul avec la voiture de police, qui heureusement pour moi passa sans s’arrêter. Seulement maintenant, nous étions tous dispersés. Je continuai à marcher sur la grande route, cherchant où pouvoir téléphoner. Je vis un Algérien et je lui demandai où je pouvais téléphoner. Il me dit qu’il m’accompagnerait jusque là. Au moment d’entrer dans la cabine téléphonique, j’aperçois Dorelle en train de téléphoner elle aussi. Quelle surprise agréable ! Je lui ai demandé ce que Séraphin lui avait dit. Il avait dit qu’il arrivait, mais il n’était toujours pas là. Je le rappelai. Il me dit qu’il arrivait d’une minute à l’autre. Mais ça durait et nous nous lassions. Un jeune algérien nous a proposé de nous emmener dans un endroit où habitaient des amis « blacks » à lui. C’étaient des Camerounais, pas des Congolais. J’ai dit à Dorelle de bien surveiller mon sac. En revenant à la cabine, j’ai aperçu un Land cruiser avec des « Blacks » à l’intérieur. Ils me disaient de venir et j’ai compris alors qu’il s’agissait de Séraphin avec un Congolais et un chauffeur algérien. Je laissai là le jeune Algérien, et nous partîmes chercher Dorelle. Au moment où on lui disait de monter dans la voiture, on voit arriver Luc et Monique. Nous voilà donc tous en route pour le ghetto congolais. Séraphin expliqua la cause de son retard. Normalement, c’est toujours un homme qui appelle, pour dire où les gens se trouvent quand ils arrivent de Arlit, jamais une femme. Ainsi ils avaient eu peur de rejoindre Dorelle de peur qu’on les file ensuite. A Janet, les filles sont toujours à la maison, et quand elles sortent, c’est avec le voile. Séraphin nous explique que Janet est une ville musulmane où on pratique presque la charia. Il nous dit également que nous étions chanceux, car deux jours plus tôt, il y a avait eu une rafle sans nom et tous les Blacks avaient été refoulé au désert, sans autre forme de procès. Pas les étudiants bien sûr, mais tous les migrants sans passeport. Il nous dit également qu’à Janet le ghetto congolais était un bon ghetto, très bien organisé, et que les policiers algériens n’y venaient jamais. C’est sur leur lieu de travail que les migrants avaient été appréhendés ou en cours de route. C’était sa manière de nous rassurer quand même, de nous mettre en confiance malgré l’histoire de la rafle. Il nous dit enfin de respecter à la lettre toutes les consignes qu’on nous donnerait au ghetto, de faire comme tout le monde et d’être disciplinés. Nous arrivâmes enfin. C’était une grande maison, avec au moins 5 grandes chambres et une cuisine, mais aussi une toilette. Il y avait là plein de Congolais, une trentaine au moins. C’était intéressant de rencontrer des frères, en route comme nous. On avait presque tous la même histoire. Nous sommes arrivés très tard, vers 2h du matin. Ils attendaient notre venue avec impatience, car l’appel de Dorelle avait bouleversé le ghetto. Ils se posaient des questions. Avec la rafle, ils se demandaient s’il ne s’agissait pas d’un piège. Nous avons fait plusieurs rencontres cette nuit là. Un Congolais m’a tout de suite expliqué comme faire pour s’y retrouver dans le ghetto. Il me dit que le chauffeur qui était avec Séraphin était le propriétaire de la maison. C’était une maison de passage vers Illizi, dans le sud de l’Algérie. A un moment, je me rendis compte que je n’avais plus de bagages. Je demandai à Dorelle où ils étaient, car je les lui avais confiés, mais elle me dit qu’elle n’en savait rien. Ca me causa un gros souci et j’eus du mal à dormir, car dans mes bagages il y avait de l’argent caché dans une chemise. Séraphin me rassura finalement en me disant qu’il serait toujours possible aux gens partant sur les chantiers, de passer tôt le matin à la cabine de téléphone pour voir si mes bagages y étaient encore. Dorelle s’en voulait vraiment. Je suis retourné dormir en priant Dieu de faire en sorte que je retrouve mon sac. Vers 9h du matin, Pathy et Pécho, deux jeunes Congolais, appelèrent Séraphin pour lui dire qu’ils venaient de récupérer mon sac. J’étais plus que content et je leur en étais très reconnaissant. Il s’avéra que Pathy et Luc se connaissait depuis Kinshasa, et moi-même je m’étais aperçu que Pécho habitait tout près de mon avenue à Kinshasa, dans la commune de Lemba. Du coup, ce fut une journée de présentation entre tous les compères du ghetto. Les uns et les autres sympathisèrent. Ce jour-là, j’en profitai aussi pour appeler Nathy à Manchester. Je lui dis que j’étais arrivé dans une ville appelée Janet en Algérie. Nathy lui-même avait jadis obtenu une bourse au pays pour aller en Algérie. D’Algérie il était parti pour la France , dans le cadre de ses études de Sciences-Po. Ensuite, il s’était rendu en Belgique pour y rejoindre sa famille. Et finalement, il avait décidé de partir en Grande-Bretagne. Il était fier de moi. J’avais réussi à franchir l’étape du grand désert. Ensuite, j’ai appelé Nada en Belgique, qui était très contente pour moi. J’ai également téléphoné à Essy, qui était aussi fière de moi. Quand j’ai enfin appelé la famille au pays, pour leur dire que j’étais en Algérie, c’était la liesse totale. Ils attendaient mon coup de téléphone avec impatience. »

2. Ali Guissé, Ivoirien, Belgique, membre de « SOS Migrants », ancien porte-parole de l’UDEP.

« Une expérience qui m’a transformé. 

Vous vous demandez peut-être qui je suis ? Je devrais sans doute me présenter,  mais à dire vrai je ne sais pas qui je suis, car depuis ma venue en Europe, c’est la question que je me pose tous les jours en vain. Comme je n’ai pas de réponse, je vais alors vous dire d’où je viens. Mon prénom : Ali. Je suis né à Abidjan, en Côte d'Ivoire, Afrique de l’Ouest, je suis de nationalité ivoirienne, mais d’origine sénégalaise et musulmane. J’ai mené une enfance confortable pour un Africain. Car mon père est un  riche grossiste de denrées alimentaires. Il fournit les institutions d'Etat, comme le milieu carcéral, les hôpitaux, les lycées, l’université, l’école de police et la gendarmerie.

Mais en  Belgique, où je vis, je ne suis qu’un étranger. La première fois que j’ai senti cela, c’était dans mon propre pays. J’avais 26 ans et j’arbitrais un match de football. J’ai sifflé la faute d’un jeune joueur. Il s’est énervé, il a contesté la faute, et comme je maintenais mon point de vue, il a ajouté : pourquoi laisse-t-on des étrangers arbitrer ?

J’ai revendiqué pour la première fois mon « ivoirité » devant des civils, et pas devant un agent de police. Je n’avais jamais pensé que j’étais un étranger en Côte d’Ivoire : c’est là que je suis né, c’est le seul pays que j’ai connu. Je suis venu en Belgique parce que j’ai été victime du concept d’ivoirité. C’est au moment où ce concept s’est développé que j’ai commencé à comprendre et à subir le problème d’exclusion et d’appartenance, car auparavant, jamais je n’y avais jamais pensé, même dans mes pires cauchemars.

En effet, le concept d’ivoirité, c’est le noeud des problèmes que connaît la Côte d’Ivoire. Il a vu le jour à l’arrivée au pouvoir du 2ème  président  de la Côte d’Ivoire, Henri Konan Bédié. Je dirais même le président de la Deuxième République, car la constitution a été modifiée, taillée sur mesure pour écarter certaines personnes et pour préserver son fauteuil présidentiel. Cet homme a accouché de l’ivoirité, et c’est ainsi que pour être élu président, parlementaire ou communal il faut être un Ivoirien de souche. C’est à ce moment qu’il y a eu fractures sociale, ethnique et religieuse. Les postes clés ont été confiés à certaines ethnies, aussi bien dans les rangs des FANCI (Forces Armées Nationales de Côte d'Ivoire). Certain soldats sont relégués au second plan, tandis que d’autres gravissent les échelons, parce qu’ils sont du même groupe ethnique que le président.

Le général Robert Gueï arrive au pouvoir par putsch en décembre 1999. C’était comme une bouffée d’oxygène, car tout le monde croyait que l’équilibre social et ethnique serait rétabli. C’était la raison du putsch, d’après les déclarations devant la presse. La situation a empiré, le général a laissé sa tenue militaire au profit de nouveaux costumes à la Giorgio Armani, il s’est démarqué de sa ligne de conduite, il  a fait approuver par référendum une constitution visant à évincer ses adversaires de la présidentielle, en glissant un article précisant qu’il faut «être ivoirien d’origine, né de père, et de mère elle-même ivoirienne d’origine à quatre générations».

En fin 2000, le président Laurent Koudou Gbagbo arrive au pouvoir et là, c’est au tour de son groupe ethnique, les Bétés, d’accéder au pouvoir. Il a levé la hache de la vengeance, car pendant la présidence du premier président de la Côte d'Ivoire, feu Félix Houphouët-Boigny, il y a eu un massacre des Bétés, appelé communément le « massacre de Guebié » : c’est devenu la chasse aux sorcières. Le milieu politique et social en Côte d'Ivoire s’est divisé en trois grands partis ethniques. Le PDCI (Parti démocratique de Côte d’Ivoire) parti du groupe ethnique Akan, les Baoulés, l’ethnie des deux premiers présidents de la Côte d’ivoire. Le FPI (Front populaire ivoirien), parti regroupant le groupe ethnique des WE, les Bétés, l’ethnie du président Gbagbo. Le RDR (Rassemblement des républicains), parti qui regroupe les gens du Nord, les Dioulas, de l’opposant Alassane Ouatarra.  Le concept d’ivoirité a déchiré les foyers, les personnes. Moi-même, j’ai été fouetté par ce concept, d’une part en tant que citoyen d’origine étrangère, et d’autre part en tant que membre actif de l’AJMCI (Association des jeunes musulmans de la Côte d’Ivoire), dont j’étais le secrétaire général de la section de Marcory.

Mon travail dans l’entreprise familiale, et mon rôle de secrétaire général de l’AJMCI, me permettaient de donner mon opinion politique et ma vision des choses, avec fierté, sur les iniquités et les inégalités qui rongent notre pays. Jusqu’au jour où un escadron de la mort est venu chez nous, en mettant sens dessus dessous toute la maison, en quête de quelques preuves qui pourraient nous incriminer, mais en vain.

Hélas ! Ma soif de justice et mes convictions politiques m’ont conduit en Belgique, le 10 février 2004. Je débarque en Belgique  ce jour-là, en hiver, c'est le premier choc. À la gare du Midi à Bruxelles, médusé par la saleté et l'insalubrité du quartier, je  pense m'être trompé de pays. Puis c'est ma confrontation avec le système belge de l'Office des Étrangers, où j’introduis une demande d'asile. Imaginez-vous un Africain débarquant en plein mois de février, où l’hiver bat son plein, obligé d'attendre dans un local non chauffé pendant 8 hures, pour  s'entendre dire qu'il faut revenir un autre jour. Quelques semaines plus tard, je me suis rendu compte que c’était une forme de persécution intellectuelle.   A mon deuxième rendez-vous à Office des Etrangers, rebelote  d’une attente infernale de presque 7 heures, ensuite je suis placé cinq mois au centre ouvert à Florennes. L’État de droit, la démocratie et le bien-être européens me semblent un lointain mirage. La Belgique que je viens de découvrirent n'était pas celle de Jean-Marie Pfaff et de Enzo Sciffo, mais de Verhofstad et consort. Le centre ouvert était dans un état lamentable, les soins médicaux étaient pitoyables, le docteur n'était même pas docteur.  Malgré la déception qui m’envoûtait, je m’investis dans la vie du centre et mets à profit mon séjour lamentable pour bouquiner et connaître le système politique et administratif belge. Car, c’était la seule façon pour moi de briser les chaînes et de sortir de la persécution mentale que nous inflige l’Office des Étrangers. Frédérick Douglass disait : « Ce n’est ni l’argent, ni mon maître, ni la loi qui m’ont affranchi, mais plutôt le savoir lire et écrire ». Donc connaître le système belge était inéluctable pour la suite de ma procédure.

Ma procédure d'asile est typique: un premier avis négatif de l'Office des Etrangers, puis un recours au Commissariat Général aux Réfugiés et aux Apatrides, avant de recevoir un avis de recevabilité. Vu les éléments de mon dossier de demande d’asile, le CGRA estimait qu’un examen ultérieur de ma demande d’asile était nécessaire, par conséquent, j’ai été provisoirement autorisé à séjourner sur le territoire belge en tant que candidat réfugié. C’était le 09/06/2004, juste quatre mois après mon arrivé en Belgique. Dès ma sortie du centre, un mois après ma recevabilité, je rejoints Amnesty International. Ensuite ma soif de justice et d’égalité entre les personnes me met en contact avec le mouvement des sans-papiers, l’UDEP (Union pour la DEfense des sans-papiers) à une époque nous étions à l’étape embryonnaire de sensibilisation et de contact avec les sans-papiers et les associations belges. Lorsque le premier porte-parole quitte le mouvement, je lui succède et je lance le mouvement à Bruxelles.

Nous avons créé l’UDEP dans le but de permettre l’émergence et l’organisation des sans-papiers eux-mêmes dans le débat politique, social et culturel, pour une autre politique migratoire en Europe, et en Belgique en particulier. Le but unique de l’UDEP est de soutenir et de défendre les intérêts et la cause des sans-papiers dans ce pays. Sans aucune distinction entre les sans-papiers, elle est ouverte à tous, quels que soient l’origine, l’orientation politique, philosophique ou religieuse, et le sexe. Elle entend promouvoir le rassemblement et l’union de tous les sans-papiers, organisés dans ses rangs, dans d’autres associations, ou inorganisés. Elle entend favoriser le dialogue et l’action commune entre tous, organisés ou non. Elle considère que la véritable chance pour les sans-papiers de faire avancer leur cause est leur propre mobilisation, leur capacité d’unité et d’action commune. Aujourd’hui UDEP est décentralisée à travers toute la Belgique : Liège, Charleroi, Verviers, La Louvière, Mons, Gand, Anvers, Courtrai, Leuven, Seraing, et Bruxelles.

Cependant, les mouvements sans-papiers sont par nature des mouvements éphémères. En effet, le sans-papiers n’aspire pas à la disparition des frontières, son intérêt direct est d’améliorer sa situation, d’élargir la base du droit, quitte à ce qu’il y ait par la suite d’autres « sans ».  C’est avec d'autres membres de l'UDEP que j’ai été l'initiateur de la très longue occupation de l'église Saint-Boniface à Ixelles. C’est le 19 octobre 2005 que nous avons décidé d’occuper l’église Saint-Boniface, afin de sortir de l’obscurité et de la marginalisation des sans-papiers. De là, le mouvement a essaimé. Cette occupation a été une lutte d’exception, en ce sens qu’elle dépassait les clivages entre groupes nationaux ou ethniques. Malgré les différentes communautés (40 nationalités différentes) établies dans l’église, et les différentes classes d’âge, les identités communes et l’intérêt commun ont permis la cohabitation plus de cinq mois. Le mouvement a été une construction laborieuse,  d’organisation et de mise en place, qui palliait ces différences en reformulant les attentes de chacun, en émettant des normes de comportement écrites (règlement d’ordre intérieur,  charte de l’UDEP pour l’occupation), ou en désignant des personnes pour des rôles précis, rôles pivots qui peuplent le quotidien (« agents de sécurité », modérateur, trésorier, responsable de la réserve, ...), et les événements qui rythmaient la vie dans l’église. Nous avons bénéficié d’un soutien accru: tissu associatif de soutien, conjoncture politique, couverture médiatique.  Ce fut la plus grande expérience de ma vie, sans oublier les plaintes sur ma personne et des diffamations pour casser cette mobilisation belgo-sans-papiers, qui gênait énormément le pouvoir politique.

Cette occupation a également produit une exception dans le monde des sans-papiers en Occident, à savoir  une démarche citoyenne : une proposition de loi dite « Loi UDEP ». En effet, les mots d’ordre ou les slogans ne suffisaient plus face au discours politicien de l’Europe forteresse. Il fallait donc amener quelque chose de beaucoup plus concret. Afin de poser plus qu’un dossier de revendication et faire preuve de citoyenneté.  Cette proposition de loi, qui permettrait d’établir des critères clairs et permanents pour obtenir une régularisation importante, répondait à la situation de tous les sans-papiers. Elle était basée sur cinq critères principaux qui devraient servir de base à la régularisation  en Belgique. Ces cinq critères  seraient d’application permanente et permettraient de répondre à la situation que connaissent tous les sans-papiers.

C’est avec fierté que j’ai  participé, aux côtés de mes amis avocats d'une grande valeur, à l'élaboration de la loi dite UDEP, ensuite j’ai été ému lorsque j’ai représenté tous les sans-papiers au parlement fédéral belge, à l’audition de UDEP par la Commission de l’Intérieur de la Chambre des Représentants belge.

Enfin, je me rends compte qu’écrire sur soi et son vécu est beaucoup plus dif