« 7.180 victimes de l'immigration clandestine depuis 1988, 5.091 en mer et 1. 047 dans le désert | Page d'accueil | Carte blanche publiée dans le soir de ce jeudi 08.02.07, signée par Ali Guissé & Moïse Essoh: »

08.02.2007

APPEL à produire le Festival des sans papiers

(Publié le 19 janvier par Dominique Nalpas .)

Si vous avez aimé les occupations d’église par les Sans-papiers l’année dernière. Vous adorerez l’occupation de la culture par la figure du Sans-papiers cette année.

Depuis une dizaine d’années, le sort des personnes Sans-papiers a pénétré le débat public en Belgique. Débat récurrent et lancinant. Le mouvement de revendication ou de solidarité en faveur des Sans-papiers a été parsemé de moments forts (Béguinage, Semira, Sainte-Croix...), et de traversées du désert. L’année dernière, il a connu un déchaînement d’effervescence lorsque les Sans-papiers ont enfin osé s’afficher au grand jour et s’auto-organiser pour revendiquer leur régularisation selon des critères clairs et permanents. La force du mouvement n’a épargné aucune province, mettant longtemps les Sans-papiers à la Une, sans que le monde politique entende leurs demandes.

Créer une chambre d’échos

Cette année voit se profiler une échéance : les élections législatives. Pour nombre d’observateurs, c’est le moment propice pour remettre à l’agenda du politique cette question. Le débat communautaire risque fort d’envahir l’espace public au détriment des Sans-papiers : il nous faut créer une chambre d’échos à leur légitime revendication.

Refuser l’inacceptable...

Pour nos États, encore tellement nationaux, le Sans-papiers est perçu comme une menace. Il est « impensable ». L’État enferme, rafle et expulse, bref, criminalise le Sans-papiers et... favorise ainsi l’ouverture de l’imaginaire à la déshumanisation de l’autre. Déjà l’inacceptable est atteint.

...mais accepter la complexité

La question des Sans-papiers dépasse en complexité les réponses que l’État peut lui donner et la régularisation, même massive, sera loin d’épuiser cette question. Le Sans-papiers qui vient frapper à nos portes, au cœur des quartiers de nos villes, pose la question du « vivre ensemble » qui se joue localement et mondialement. Cela amène certains d’entre nous à se demander : mais de quelle peuple les Sans-papiers sont-ils l’avant-garde ? Outre la nécessaire solidarité pour ces personnes et leurs revendications, c’est l’ouverture vers un futur encore à construire qui se joue essentiellement. Nous possédons la conviction que cela ne se fera pas sans une large implication citoyenne.

D’où cette idée de Festival...

En vue de lui offrir une chambre d’échos et d’aborder cette question sous tous ses aspects, afin d’imaginer d’autres possibles et d’envisager les choses dans la durée, nous proposons l’organisation d’un aussi vaste qu’original Festival des Sans-papiers [titre à préciser] qui animera les quatre coins de notre petit royaume l’espace d’un printemps. L’idée consiste à rendre visible et incontournable, plusieurs semaines durant, la question des Sans-papiers sous toutes ses facettes. Sous forme festive et questionnante même contradictoire, partagée par nombre d’entre nous et riche de propositions.

... ouvert à tous, comme la citoyenneté

Nous invitons les citoyens et citoyennes responsables, les artistes concernés, les associations en tous genres, les syndicats de toutes les couleurs, les comités de soutien ou de quartier, les collectifs militants, les voisins et voisines en assemblée ou non, le monde de la culture dans tous ses états, le monde académique à tous les étages, les étudiants, etc., à prendre des initiatives, rendre compte des solidarités, proposer des idées, organiser des activités propices à susciter du débat, un questionnement, des recherches, des avancées, des refus d’injustice, le plaisir de la rencontre de l’autre, ou sa crainte, autour de cette question qui nous concerne tous et à faire entendre la cause des personnes sans papiers. Il s’agit de rendre visible le fait que cette question préoccupe bon nombre de citoyens de ce pays, organisés ou non.

... ouvert à toutes les sensibilités, comme il se doit

Selon ses envies, ses sensibilités, chacune et chacun pourra, de fait et en fête, apporter à ce festival la note qu’elle ou qu’il sait jouer, aborder la question par l’angle qui correspond à sa vision. Le nœud se démêlera par chacun de ses fils, le filet sera détricoté et renoué par chacune de ses mailles.

... ouvert à toutes les explorations, comme un grand dossier

La situation des Sans-papiers se trouve en effet au nœud d’un tissu de dimensions et d’enjeux aussi bien sociaux que politiques, économiques, éthiques, internationaux et culturels. Qu’il s’agisse du rapport à l’autre, des relations de voisinage, de la rencontre des cultures, de la politique d’immigration, de l’organisation du travail, de l’économie informelle, de la fiscalité, de la sécurité sociale et de la solidarité, de la définition de la citoyenneté, de l’identité nationale, de l’évolution des États-nations, de la mondialisation, des rapports Nord/Sud, de l’aide humanitaire, des discours sécuritaires, des pratiques et méthodes policières, des centres fermés et l’inacceptable, de l’accès aux soins de santé, de l’accès au logement... Somme toute, un dossier à explorer en tous sens.

... ouvert à toutes les pistes, comme une recherche collective

Les pistes visitées par chacune des manifestations peuvent aussi bien se situer avant la régularisation (aide concrète aux personnes sans titre de séjour, octroi de droits indépendants du statut...) qu’au-delà (nouvelle politique d’immigration, liberté de circulation, changement de système politique ou économique...), que la régularisation elle-même (grande manifestation nationale)...

... plaidant la régularisation comme possible

L’urgence impose que la régularisation figure au centre des revendications de ce festival, agenda politique oblige. La proposition rédigée par les Sans-papiers eux-mêmes et les promesses ou engagements exprimés par plusieurs partis importants au sujet des prochains accords gouvernementaux nous y contraignent, même si ce n’est qu’un aspect des choses...

... ouvert à toutes les formes, comme un Festival

Les formes et les dimensions des manifestations seront aussi variées et bariolées que le fond de la question : un déjeuner entre voisins, une exposition, une fête de quartier, un concert, un débat, un concours d’affiche, une interpellation publique, une conférence, une action directe, un atelier de création, une manifestation, une visite de lieux symboliques, une séance de parrainage, des lectures publiques, le vernissage d’une création artistique, etc.

... open aan onze buren

Il serait intéressant d’encourager toute initiative qui autour de la question des Sans-papiers ose transgresser les frontières linguistiques et régionales de ce pays. On pourrait mettre plus spécifiquement en valeur ces initiatives-là qui font la nique au conflit communautaire. Les Sans papiers, ces désaffiliés, pourraient bien nous aider à sauter ces murs-là, à relativiser nos frontières et questionner nos identités ou affiliations trop sûres.

Le Festival des Sans-papiers se déroulera de fin mars 2007 à mai 2007 dans toute la Belgique.

La structure, l’organisation, l’argent, le temps

1 - Comité de parrainage, ou de suivi - Plate-forme de production de Festival Des personnalités du monde associatif, du monde académique, de la culture, de la politique, s’associeront à ce projet et le soutiennent. Ils le parrainent et constituent un groupe de suivi, permettant de donner des orientations générales. C’est cette plate-forme qui produit le Festival.

Voir les soutiens au Festival

2 - Groupe de pilotage Un comité de pilotage assurera la coordination générale du Festival, la centralisation des informations, la publication et la diffusion d’un programme reprenant l’ensemble des activités et manifestation qui composeront ce Festival. Il n’interviendra pas dans le contenu ni l’organisation pratique ni financière de chaque initiative qui sera entièrement prise en charge de manière militante par les organisateurs de chacun des événements.

3 - Appel au public Par de multiples voies (associatives, médiatiques, etc.) le festival est annoncé aux divers publics. Les relais sont ceux des multiples réseaux qui traversent le pays. Chacun est appelé à le mobiliser. Des séances d’explication adhésion sont à envisager.

4 - Financement Il s’agira de financer les coûts de publication du programme papier/site/autres..., les coûts administratifs et de fonctionnement liés à la structure de coordination, etc. Le financement pourrait être assuré par :
appel aux dons


offre en nature


financements associatifs divers


prestations bénévoles d’artistes de renom


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