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02.01.2007
Communiqué d’éclaircissement d’Ali Guissé
Je vous écris afin de préciser certains éléments de la crise actuelle dans l'UDEP, puisque je n'ai pas été entendu par les délégués et les assemblées de l'UDEP sur les problèmes que le mouvement rencontre actuellement, et sur les rumeurs qui me concernent. En tant que leader du mouvement, je me dois d'éclaircir ces points une fois pour toutes.
Concernant les listes : lors de la réunion d'UDEP nationale du 29/07/2006 nous avons pris en tant que mouvement la décision d’introduire une liste générale des occupants des différentes églises, car les rumeurs circulaient sur la régularisation des Iraniens à l'Eglise des minimes suite à une grève de la faim. Cette situation a produit une réaction musclée des sans-papiers partout dans les occupations. Ces sans-papiers mettaient la pression sur les dirigeants locaux pour pousser l'UDEP à prendre des positions claires et faire une liste afin de sauver certains occupants qui sont dans les critères du ministre. Les listes devaient être déposées, au NOM de l'UDEP, par Ali Guissé (en tant que porte-parole national). Je tiens vraiment à rappeler que cette décision était celle de tous les représentants nationaux de l'UDEP à cette réunion.
Lors de la discussion avec le directeur de l'Office, étaient présents deux membres d’UDEP (Omarou et Bary), deux avocats (Alexis Deswaef et Beauthier) et moi Ali, en tant que coordonnateur du mouvement. Il y a eu un accord avec Roosemont pour traiter en priorité les personnes des listes selon les critères habituels de l'Office.
Cependant, en plus des occupants de toutes les églises, j’ai eu en aparté une forte pression due au désespoir de certains leaders de l’UDEP, et j'ai cru que je devais tout faire pour qu'au moins eux soient régularisés. Alors effectivement, j’ai déposé une liste de 15 personnes basée sur leur engagement dans le mouvement.En septembre après une évaluation de la stratégie des listes, j’ai décidé d’abandonner la défense de la petite liste des 15, car j’ai trouvé que c’était une erreur pour eux et pour moi.
Je regrettais cette erreur, car l'Office n'était pas prêt à faire la moindre exception, mais je ne m’attendais pas à une réaction très virulente des certains de ces dirigeants UDEP quand je leur annoncerai que j’ai abandonné cette petite liste.
De cette "liste des 15", 4 personnes ont été régularisées : il ne s’agit de longues procédures d'asile ainsi qu'une personne ayant eu un enfant avec une personne reconnue réfugiée. Donc ces 4 personnes ont été régularisées grâce à leur propre situation.
Sur la liste générale, sur plus de 700 (800?) personnes, on n'a obtenu qu'une quarantaine de régularisations. Il s'agit de longue procédure d'asile. L'Office des Étrangers n'a fait aucune faveur en dehors de ses propres critères. Voilà en ce qui concerne la liste générale et la liste restreinte.
Si j'ai commis une erreur, c'est d'avoir voulu garder la motivation chez certains membres actifs d’UDEP chez qui j'avais vu des signes de découragement inquiétants.
Mon erreur est d’avoir écouté les arguments de ces membres de l’UDEP, ce qui m’a conduit dans une liste restreinte sur base de leur engagement et je fais mea-culpa pour cela, sincèrement.
En octobre, alors que j'avais déjà abandonné la défense des listes, j'ai constaté que cette question avait créé deux camps dans l'UDEP Bxl : ceux qui voulaient faire la rupture avec la stratégie de liste et qui étaient déçus de la liste des 15 et ceux qui me condamnaient d’abandonner cette liste, m'accusant que je ne me bats pas assez pour leur régularisation.Quelques semaines plus tard, j’étais donc coincé entre ceux qui étaient dégoûtés d'avoir su qu'il y a eu une liste restreinte et ceux qui, tellement déçus de ne pas avoir été régularisés ont tout fait pour me faire payer, notamment en usant avec force des pressions personnelles, des rumeurs, des fabulations et des diffamations. Voilà comment les choses se sont passées.
Je tiens ici à remercier tous les sans-papiers qui m'ont toujours soutenu tout au long de mon mandat de porte-parole national, et qui continuent de me faire confiance malgré les manigances, les rumeurs et les diffamations qui ont précédé la "raison objective" qui m'a écarté sans même me convoquer à une réunion alors que j'étais encore le coordonnateur avant le retrait de la confiance.
Je remercie tous les soutiens qui ont accompagné l'UDEP pendant mon mandat, et je leur demande de continuer à soutenir avec la même énergie cette cause.
Je suis également fier d'avoir participé, aux côtés de mes amis avocats d'une grande valeur, à l'élaboration de la loi dite UDEP. Je rappelle que cette loi ne se limite pas seulement aux 5 critères, mais qu'elle a aussi des mesures transitoires entre autres une régularisation en one shoot pour ceux qui sont entrés ici au moment de l'entrée en vigueur, et en plus une commission de régularisation permanente. Qu'est ce qu'on veut de plus pour obtenir autrement la régularisation de tous les sans-papiers actuels et futurs? S'il n'y a aucune loi de régularisation, comment un ministre va procéder à une régularisation massive? En se mettant à la grand place pour donner les papiers à tous les sans-papiers de Belgique alignés en rang? Au lieu d'attendre que le gouvernement fasse une loi indigne, nous avons pris les devants. C'est aussi une erreur? Je crois qu'il faut d'abord lire la loi UDEP et bien la lire afin de la critiquer avec de arguments solides et non avec des slogans.
Enfin, comme beaucoup le savent, certains soutiens de l'UDEP avaient publiquement exprimé leur envie d'en finir avec moi. Et quand les rumeurs sont arrivées, c'était pour eux une bonne occasion pour les envenimer et pousser les responsables d'UDEP à m'écarter et reprendre d'une certaine façon le contrôle de l'UDEP. Un récent mail d'une certaine organisation a rappelé à tout le monde l'origine de l'UDEP, et a présenté les choses comme pour marquer son statut de soutien "fondamental et privilégié" que cette organisation estime avoir parmi tous les autres soutiens des sans-papiers. Si je remercie encore toutes celles et ceux qui ont aidé les sans-papiers à s'organiser pour défendre leurs droits, et notamment la CRER, je déplore qu'à ce stade de la lutte, où les sans-papiers s'organisent déjà assez bien eux-mêmes, certains ont toujours le désir de "piloter" les stratégies et les actions de l'UDEP. Si on trouve anormal qu'un représentant de certaines organisations telles que le CIRE ou le FAM assistent aux réunions internes de l'UDEP, il n'y a aujourd'hui aucune raison pour que la CRER ou une autre association assiste à ces réunions, malgré leur contribution capitale et louable dans les premiers temps de l'UDEP. Il arrive toujours un jour où il faut voler de ses propres ailes, et seuls les paternalistes ne veulent pas le voir. Ils veulent toujours conseiller vivement et même dicter la conduite même quand on est déjà adulte. Soutenir les sans-papiers, ce n'est pas diriger les sans-papiers, ni avoir une attitude paternaliste envers les sans-papiers. Ce genre de stratégie va finir à terme par défavoriser la lutte au lieu de la servir. Car que va-t-il se passer si un futur dirigeant UDEP décide aussi de ne pas écouter les conseils "avisés" de ces soutiens "privilégiés"? Est-ce qu’on va chaque fois tenter de restructurer le mouvement au risque de l'affaiblir à chaque fois? Soyons attentifs à cela. J'appelle les sans-papiers à continuer à s'organiser sur base d'objectifs clairs, sans agenda caché de personne, avec beaucoup d'indépendance, mais aussi avec beaucoup d'ouverture vers tous les soutiens, tous, sans préférence, du moment qu'ils agissent vraiment dans le sens des objectifs.Enfin, je voudrais dire que depuis ma propre régularisation, contrairement à beaucoup d'autres, j'ai continué de lutter pour la régularisation de tous les sans-papiers. Je resterai dans cette lutte, à tous les niveaux où l'on pourra me solliciter et dans toute organisation dans laquelle je me sentirais utile. Nous serons donc toujours ensemble dans cette lutte pour les droits des sans-papiers et pour leur régularisation. Que 2007 soit pour vous tous une bonne et heureuse année, et que cette année soit aussi celle d'une régularisation massive des sans-papiers en Belgique.
Ali Guissé,
Membre de l'UDEP.
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