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21.12.2006
«Nous sommes dans un contexte de guerre aux mig rants» (E. Blanchard)
De: Isabelle Saint-Saens
Entretien
«Nous sommes dans un contexte de guerre aux migrants»
Entretien avec Emmanuel Blanchard [1], réalisé par la revue Les
invisibles,
5 novembre 2006. http://lesinvisibles.net/spip.php?article15
Q : L’Europe a de plus en plus tendance à sous-traiter la
surveillance de ses frontières extérieures... À partir de quand
assiste-t-on à ce phénomène dit d’externalisation ?
Une précision : lorsqu’on parle de l’Europe, il faut bien voir que la
politique en matière d’immigration est surtout intergouvernementale,
c’est-à-dire qu’elle est décidée par les gouvernements des pays
membres. Il faut rappeler aussi que c’est parfois bien pire dans
d’autres régions du monde. Les Etats-Unis, par exemple, s’apprêtent à
construire un mur de plusieurs milliers de kilomètres sur leur
frontière mexicaine.
Cela dit, d’une certaine manière, ce recul des frontières est
consubstantiel à la construction européenne. Dès le Traité de
Maastricht, il était clair que la libre circulation à l’intérieur de
l’espace européen serait liée à une surveillance accrue des
frontières extérieures.
Cette externalisation se fait avec des Etats, mais aussi avec des
entreprises privées. Par exemple, une directive européenne prévoit la
sanction des compagnies aériennes qui n’effectueraient pas les
contrôles nécessaires. Ce qui pose des problèmes évidents : la
Convention de Genève permet aux demandeurs d’asile de voyager sans
papiers... mais aujourd’hui, qui peut prendre l’avion sans papiers ?
Car le vrai problème aujourd’hui c’est l’absence de droit à circuler.
De plus en plus systématiquement, les réfugiés sont cantonnés au plus
près de l’État qu’ils fuient. Aujourd’hui la plupart d’entre eux se
trouve dans les pays du sud comme le Pakistan ou la Tanzanie, très
loin des pays d’accueil.
Cette procédure n’est pas forcément négative, mais la généraliser
c’est empêcher le droit à la libre circulation, c’est surtout se
décharger de ses responsabilités.
L’externalisation consiste à reporter la charge de la surveillance
des frontières sur différents acteurs, qu’il s’agisse d’entreprises
privées, de pays de transit ou des pays d’origine, auxquels on
demande d’enfermer leurs propres ressortissants. C’est ainsi qu’on
peut parler aujourd’hui au Maroc d’émigration illégale, durement
sanctionnée par la loi [2]. La situation est à peu près la même en
Roumanie, et des négociations sont en cours avec le Sénégal.
Rappelons que l’article 13 de la déclaration universelle des droits
de l’Homme dit que « Toute personne a le droit de quitter tout pays,
y compris le sien, et de revenir dans son pays. »
Q : Le terme d’externalisation est emprunté au vocabulaire de
l’entreprise...
Le mot a été choisi à dessein par la communauté des chercheurs et des
militants. Il vise à montrer la réalité d’une politique, un peu comme
lorsque nous avions décidé de désigner Sangatte comme ce qu’il
était : un "camp". Il est important de mettre des mots sur une
politique. Ce qui est présenté comme une politique de coopération, de
partage des responsabilités n’est en fait qu’un mécanisme de sous-
traitance, qui vise à masquer les responsabilités. Avec pour
conséquence de rendre les recours juridiques plus difficiles : par
exemple, qui est responsable des morts de Ceuta et Melilla ? Le
Maroc ? L’Espagne ? L’Europe ? Une autre conséquence, c’est
l’abaissement du niveau des droits, car certains Etats à qui l’on
sous-traite la question migratoire ne sont pas signataires des mêmes
instruments internationaux que nous.
Q : Quelles sont les stratégies à adopter pour lutter contre cette
dilution des responsabilités ?
La première conséquence de ce processus sur le monde militant a
d’abord été une destabilisation. Il a fallu se réorganiser sur des
échelles qui sont celles où se joue la politique actuelle. C’est la
raison d’être du réseau Migreurop. La société civile est en train de
passer à cette échelle supérieure.
Nous ne sommes pas partisans du grand soir. Nous sommes dans une
phase de recul telle qu’il suffirait que les instruments existants
soient appliqués pour que la situation s’améliore. Rappelons quand
même que le fait de tirer au fusil sur quelqu’un pour la simple
raison qu’il cherche à passer une frontière est tout simplement
illégal au regard du droit international. Suite aux événements de
Ceuta et Melilla, des pools de juristes sont en voie de constitution
au Maroc, qui vont s’attacher à déposer des plaintes recevables.
Q : Peut-on chiffrer le coût en vies humaines de cette politique ?
C’est difficile. Nous sommes dans un contexte de guerre aux migrants,
et comme dans tout conflit, il est délicat de compter les morts. Un
seul exemple : un an après, on n’a toujours pas l’identité des
migrants morts à Ceuta et Melilla. C’est dire si l’on bafoue ainsi
leur humanité même.
On sait grâce à des ONG vigilantes que les morts se comptent par
milliers aux portes de l’Europe, et qu’il y a une accélération très
nette dûe à la militarisation des frontières, qui entraîne un
allongement des trajets. Aujourd’hui, il n’est pas rare que des
migrants prennent le bateau depuis le Sénégal jusqu’aux Canaries. Un
autre exemple, peut-être moins connu : celui de Mayotte, une île de
l’archipel des Comores qui est une collectivité départementale
française. Depuis 1993, les Comoriens doivent disposer d’un visa pour
se rendre à Mayotte. Et depuis l’installation de radars côtiers, les
Comoriens cherchent à contourner ce système de surveillance, et
prennent de plus en plus de risques. Cette situation a déjà provoqué
des dizaines de morts. C’est le même phénomène à Gibraltar : là
aussi, depuis l’installation de radars, les migrants allongent leurs
trajets, au risque de faire naufrage.
Une autre conséquence inévitable de la militarisation des frontières,
c’est le passage des migrants sous la coupe de réseaux mafieux. Plus
le trajet à parcourir est long et dangereux, plus on a affaire à des
intermédiaires.
Notes
[1] Emmanuel Blanchard enseigne les sciences économiques et sociales.
Il est membre du Gisti et du réseau Migreurop.
[2] La loi marocaine prévoit jusqu’à 20 ans de prison pour quiconque
quitte ou aide à quitter « le territoire marocain d’une façon
clandestine ».
14:55 Publié dans Général | Lien permanent | Envoyer cette note
20.12.2006
LA LETTRE A LA CRER
udep st gilles a dénoncé toutes les représentations d'avant le 4 juillet et ne reconnais donc pas ce soit disons bureau provisoire de bxl.
nous irons ce mercredi à foret pour éclaircir la charte et préparer la coordination nationale de liège et pour aider les occupants de foret à s'organiser selon cette charte.
ces personnes sont douteux et ne représentent que eux même, d'ailleurs à la fin de leur réunion ils étaient d'accord sur 7 personnes et puis ils nous avancent maintenant 4, ils fonctionne surtout dans les coulisses....
depuis le mois de novembre, nous avons tenu deux assemblées udep bxl à st bernard, ali et KANGO et d'autres étaient présents et étaient aussi d'accord que le bureau devienne caduque. Dès lors, nous fonctionnons au niveau de bxl par des assemblées qui facilitent la démarche nationale et non par un bureau de gueles assoifées de caméras et de pouvoir.
Nous dénoncerons toute apparition dans les médias, de cette clique qui veut s'accaparer udep bxl-bureau surtout avec des méthodes douteuses. nous espérons que crer ne joue pas le chantage sur le mouvement, pour quelques personnes qui lui sont dévoués.
Nous ne souhaitons pas mener ni une guerre de communiquées ni médiatique, nous sommes des clandestins soucieux avant tous de la régularisation de nos situations, et nous ne supportons pas le flou et l'acharnement de ces personnes à s'imposer comme avant, nous ne signons pas sur un chèque blanc. nous les combatterons et nous combatterons tous leurs soutiens.
nous n'avons toujours pas reçu le pv de la réunion de mons ni celui qui est venu après, le mercredi passé. Est ce que les autres l'ont reçu? POURQUOI PAS NOUS?
nous appelons tous les soutiens et tous les udeps locaux à s'abstenir, pas de communiquée publique, udep national prendra en main la situation à liège ce 23 dec et définira la meilleure statégie pour le mouvement.
en ce qui concerne bxl, les clandestins bruxelois prendrons les choses en main ce mercredi, rendez vous à foret.
abdelkhalek, abdellah, mohamed, mokhtari, sahraoui, belaid, aziz, mustapha, hamid....
Assemblée generale de l'occupation lundi 18h
12:21 Publié dans Bruxelles | Lien permanent | Envoyer cette note
Le Ministre DUPONT envois des demandeurs d'asiles à la rue durant la période d'hiver !!!
Selon Bob Pleysier, directeur de FEDASIL ;
"cela n'entre pas directement dans nos missions de préserver un quartier ou d'accueillir les demandeurs d'asiles "
Portes closes au « Nouveau monde »
"Le Soir " - Edition du 19/12/2006 | page 10
Plusieurs associations ont protesté lundi contre la fermeture d'un lieu d'accueil pour demandeurs d'asile, situé chaussée d'Anvers à Bruxelles, non loin de l'Office des étrangers.
La fermeture leur a été signifiée par courrier le 5 décembre dernier par l'Agence fédérale pour l'accueil des demandeurs d'asile (Fedasil) et devrait être effective à partir de janvier prochain.
Le local "Au nouveau Monde" accueille en moyenne 65 demandeurs d'asile par jour et un centaine parfois après certains longs week-end. Il permet aux demandeurs d'asile de satisfaire durant l'heure de midi leurs besoins primaires tels que se nourrir, se réchauffer ou se reposer lorsqu'ils se rendent à l'Office des étrangers.
Les demandeurs d'asile bénéficient également d'un service d'information et d'orientation au sujet de leur procédure. Le local, loué avec des subsides publics de Fedasil, permet également d'éviter que les demandeurs d'asile perturbent le quartier en se retrouvant en masse dans les rues avoisinant l'Office des étrangers.
Le financement de ce projet avait déjà été réduit en janvier 2006.
Le projet avait été lancé par l'asbl "Samenlevingsopbouw Brussel" et était financé initialement par la Politique des Grandes Villes et la Commission communautaire flamande. Des subsides ont été octroyés ensuite par Fedasil et deux collaborateurs ont été engagés.
Une quinzaine de bénévoles travaillent pour ce projet. En janvier dernier, suite à la réduction du financement, les deux membres du personnel ont travaillé à mi-temps.
En décembre dernier, Fedasil a officiellement annoncé sa décision de mettre fin aux subsides dès janvier prochain. Le comité de soutien formé notamment par les ASBL Link=Brussel et Samenlevingsopbouw Brussel et la Paroisse Saint-Roche avertit les autorités publiques que les demandeurs d'asiles seront dès janvier à la rue durant la période d'hiver et que le quartier sera confronté aux mêmes problèmes qu'auparavant.
"Cela n'entre pas dans nos missions"
Le directeur général de Fedasil a expliqué que la décision avait déjà été annoncée de manière informelle avant décembre. "Nous avons mené une évaluation et avons constaté que le nombre de demandeurs d'asile qui sortaient à midi était en diminution. De plus, cela n'entre pas directement dans nos missions de préserver un quartier ou d'accueillir les demandeurs d'asiles qui se rendent à l'Office des étrangers. Au sujet de l'information qui était apportée, nous avions déjà réduit nos subsides l'an dernier car nous estimons que c'est à l'Office des étrangers de fournir des informations fiables et officielles", a réagi le directeur général de Fedasil, Bob Pleysier. (b) #
09:08 Publié dans Bruxelles | Lien permanent | Envoyer cette note
12.12.2006
Aidez-nous à étoffer un argumentaire pour la régularisation des Sans-papiers
Celle-ci souhaite offrir des outils à tous ceux qui luttent en Belgique pour le respect de la dignité des Sans-papiers.
Parmi ceux-ci, il a été décidé de réaliser un « argumentaire ». Il s’agit d’un document qui recense toutes les « bonnes raisons pour ne pas régulariser les Sans-papiers ». Nous en entendons chaque jour dans la bouche de ceux qui n’ont pas encore côtoyé les sans papiers. C’est pourquoi l’argumentaire voudrait être un document qui donne une réponse percutante à ces affirmations.
Nous avons besoin de vous !
Dans un premier temps (qui se clôture le 23 décembre), nous voudrions récolter un maximum de ces réactions de rejet. Envoyez-nous le plus vite possible toutes ces réactions afin que nous puissions en dresser une liste.
Dans un deuxième temps, nous chercherons à trouver une réponse percutante à chacune de ces réactions. Cela devrait se clôturer aux environs du 20 janvier. Si vous avez des arguments convaincants à nous transmettre, ils sont également grandement souhaités.
Enfin, nous nous donnons jusqu’à la fin du mois pour clôturer ce document en lui donnant une mise en page la plus attrayante possible. Toutes vos réponses à ce mail doivent être renvoyées à chr.hovine@swing.be .
Faites un copier/coller de cet article et diffusez largement ce mail autour de vous afin qu’un maximum d’idées nos parviennent.
Merci d’avance.
Christian
22:21 Publié dans Général | Lien permanent | Envoyer cette note

