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28.10.2006
Conséquences médicales et psychologiques de la détention
L’article 5 de la Convention européenne des droits de l’homme stipule que « toute personne
a droit à la liberté et à la sûreté. Nul ne peut être privé de sa liberté, sauf dans les cas suivants
et selon les voies légales... »
La Convention énonce un droit fondamental : la liberté est la règle, l’enfermement
l’exception. La privation de liberté est une épreuve très lourde. Or, des personnes sont
enfermées, dans le cadre du contentieux des étrangers, au motif qu’on leur interdit l’entrée
sur le territoire, ou parce qu’elles n’ont plus les papiers nécessaires et doivent être expulsées.
La législation belge autorise l’enfermement dans le but d’organiser l’expulsion.
Il est important de souligner ici que ces étrangers sont enfermés pour le seul motif qu’ils
séjournent « illégalement » dans le pays. Rien ne leur est reproché pénalement. Ils n’ont pas
commis d’infraction. Ils sont détenus pour des raisons purement administratives.
Nos visites hebdomadaires dans les centres fermés en Belgique et nos contacts avec des
personnes détenues nous permettent d’affirmer que la privation de liberté sur décision
administrative et les conditions de l’enfermement ont un impact sur la santé physique et
psychologique des étrangers.
Cette section a pour objet de mettre cette problématique en lumière. La situation que nous
évoquons est celle qui nous est décrite, à nous visiteurs, par les détenus.
3.3.1. L’arrestation et l’enfermement : un rêve avorté
L’anxiété, l’impuissance et la colère sont omniprésentes dans les centres fermés. Nos visites
nous ont permis de constater combien les détenus se montrent stressés. Souvent aussi ils font
état d’importants problèmes de santé physique.
L’arrestation et l’enfermement, préludes à une expulsion forcée, annihilent l’espoir d’une vie
meilleure en Belgique. La perspective d’un renvoi dans le pays d’origine devient
soudainement imminente.
Il convient de distinguer « arrestations » à la frontière et arrestations sur le territoire belge.
Et parmi les arrestations sur le territoire, il faut distinguer celles de demandeurs d’asile qui
sont encore en procédure (et ont donc un droit de séjour) et celles d’autres étrangers qui ne
sont plus en séjour légal.
a) Les « arrestations » à la frontière
En vertu de la loi, les étrangers qui arrivent en Belgique par avion (ou qui se présentent à la
frontière, par exemple dans un port) et qui ne disposent pas des documents requis peuvent
être retenus « à la frontière ».
L’étranger qui ne demande pas l’asile est retenu au centre INAD dans la zone de transit de
l’aéroport national. Les ONG n’ont pas accès à ce centre et n’ont donc aucune information à
son sujet.
L’étranger qui demande l’asile est d’abord enfermé au centre 127 de Melsbroek. Si sa
demande est déclarée recevable, il a accès au territoire belge. Si sa demande est déclarée
irrecevable, il peut être immédiatement refoulé – aux frais de la compagnie d’aviation qui l’a
amené – vers le pays où il s’est embarqué pour la Belgique.
Ainsi qu’on le verra plus loin, l’enfermement s’accompagne d’une forte dose de stress et
d’émotions. Pour les demandeurs d’asile, la procédure se poursuit pendant leur séjour en
centre fermé, et les interviews avec les instances de l’asile se déroulent dans le centre. En
plus des autres raisons pour lesquelles le principe de l’enfermement de demandeurs d’asile
est inacceptable25, il est inadmissible que des interviews d’une telle importance dans le cadre
d’une demande de protection se déroulent dans un environnement où règne une telle tension.
En outre, les candidats réfugiés ont parfois été victimes de torture ou de détention dans leur
pays d’origine, et cette nouvelle détention en Belgique ne peut que raviver leur souffrance.
Avril 2004 : M. M., congolais : arrêté à l’aéroport et amené au centre fermé. Il bégaie
terriblement. Il est orphelin et a un membre de sa famille en Allemagne. Son père a
travaillé pour Mobutu. Lui-même a été emprisonné et est très menacé au Congo. Il ne
comprend pas pourquoi il est enfermé. Il a déjà été en prison au Congo et ne peut
accepter que cela recommence.
b) Les arrestations sur le territoire
La pratique actuelle d’arrestation de demandeurs d’asile en procédure dans les bureaux de
l’O.É. est contraire au devoir d’information qui est celui d’une administration. Les personnes
sont convoquées par écrit à l’O.É. pour recevoir la décision relative au premier stade de la
25 Le fait de ne pas disposer des documents exigés à l’entrée ne justifie pas l’enfermement : les candidats
réfugiés n’ont souvent pas la possibilité de demander les documents à leurs autorités (par crainte de
poursuites) ; la discrimination selon le mode d’arrivée en Belgique est inacceptable ; enfin, les demandeurs
d’asile détenus ont plus difficilement accès à une information de qualité quant à la procédure.
procédure. Au moment où elles se présentent, elles sont arrêtées et transférées vers un centre
fermé, où elles peuvent poursuivre la procédure. Le demandeur d’asile qui croit, grâce à
l’initiation d’une procédure, disposer d’un droit de séjour à titre précaire, se retrouve
enfermé sans aucune préparation. C’est psychologiquement très difficile à supporter. En
outre il devra affronter l’interview par l’instance d’asile (CGRA) dans un environnement très
tendu.
Un mineur non accompagné camerounais arrive en Belgique en octobre 2003. Il
demande asile en qualité de mineur. Sa demande est rejetée. Il introduit une
deuxième demande, sur base d’éléments nouveaux, le 1er décembre 2004. A ce
moment il a juste 18 ans et suit les cours d’un Institut technique en Flandre. Il est
interviewé à l’O.É. le 28 décembre 2004, et convoqué le 10 janvier 2005 pour prendre
connaissance de la décision. Celle-ci est négative, et il est arrêté à l’O.É. (North
Gate). Il est transféré au centre 127 bis : la procédure d’asile se poursuivra pendant
qu’il est enfermé.
Dix jours après son incarcération, le visiteur d’une ONG constate que le jeune homme
est très amaigri et déprimé. Il ne comprend pas pourquoi il est enfermé et ne peut
poursuivre ses études.
Pour un demandeur d'asile qui a transité par un autre pays de l'Union européenne, le
règlement Dublin se met en application (cf. supra 2.2.2. b), ce qui provoque parfois un autre
traumatisme. Nous avons rencontré régulièrement, par exemple, des ressortissants
tchétchènes qui souhaitaient demander l'asile mais ont transité par la Pologne avant d'arriver
en Belgique. L'application de ce règlement est souvent très traumatisante pour des candidats
réfugiés en quête de protection. L'Office des étrangers convoque régulièrement les
demandeurs d'asile dans ses locaux, pendant la procédure de détermination de l'État
responsable de la demande d'asile (ce qui peut parfois prendre plusieurs mois). Pendant ce
temps, les demandeurs d'asile s'installent ; lorsqu'il y a des enfants ceux-ci vont à l'école.
Lorsque l'État responsable est déterminé, les personnes sont convoquées une nouvelle fois
sans autre mention. Ils ne savent donc pas qu'ils seront « arrêtés » à l'Office des étrangers
pour être conduits en centre fermé avant le « transfert » vers l'État responsable de la
demande d'asile. On ne leur laissera pas, la plupart du temps, la possibilité de s'exécuter
volontairement. Pour un public qui a déjà souffert de son exil et des événements de son
parcours personnel, cette pratique est souvent vécue comme très brutale.
Monsieur S.K, tchétchène. Arrive en septembre en Belgique après un long parcours
qui l'a conduit tout d'abord en Pologne. Il arrive sur le territoire belge accompagné de
sa femme et de ses 5 enfants. Il demande l'asile, est installé dans un centre ouvert et
ses enfants vont à l'école. Ils sont convoqués régulièrement à l'Office des Étrangers :
8 fois en huit mois. La neuvième fois, Monsieur va seul à l'Office des Étrangers, il y
est arrêté et conduit en centre fermé. Sa femme et ses enfants qui ne veulent pas
retourner en Pologne (peur d'être renvoyés de force vers la Russie où ils craignent
des persécutions et peur des conditions d'accueil en Pologne) ne le rejoignent pas.
Alors que cette famille recherche protection, l'Office des étrangers va finalement
expulser Monsieur vers la Pologne qui le renverra vers la Belgique, cette dernière
ayant dépassé le délai prévu par le règlement pour effectuer le transfert.
c) Les autres arrestations
Les contrôles de séjour illégal et les arrestations qui les accompagnent se produisent de
diverses façons :
- arrestations à domicile (sur demande de l’O.É.) ;
- actions menées à l’égard des ressortissants de certains pays ;
- actions visant les marchands de sommeil, la prostitution ou d’autres formes
d’exploitation ou contre certaines formes de (petite ou grande) criminalité ;
- contrôles dans les transports en commun (dans les grandes villes les contrôleurs sont,
plus souvent que précédemment, accompagnés de fonctionnaires de l’O.É. en vue de
la vérification des documents de séjour) ;
- contrôles accidentels : il arrive fréquemment que des étrangers soient arrêtés lors
d’un contrôle fortuit ou à l’occasion d’une infraction au code de la route ;
arrestations à l’occasion d’une déclaration de mariage ou de naissance.
Toutes ces modalités d’arrestation ont une caractéristique commune : elles prennent
l’intéressé au dépourvu. Malgré qu’il ou elle soit conscient du risque d’arrestation, vu
l’illégalité du séjour, l’arrestation survient souvent par surprise.. L’intéressé était au lit, ou se
rendait à un rendez-vous, ou se trouvait avec des amis.... et l’arrestation survient comme un
coup de tonnerre dans un ciel bleu. Lors des contrôles accidentels par la police, il arrive que
le détenu se trouve séparé de sa famille, ce qui entraîne une grande détresse.
Un Marocain est arrêté lors d’un contrôle visant le travail au noir. Il a une amie avec
laquelle il veut se marier. « J’avais un projet d’avenir, j’ai toujours pensé à l’avenir,
j’avais commencé à suivre des cours. Tout ça est fini maintenant ». Cet homme
commettra deux tentatives de suicide pendant sa détention.
Enfin, on ne donne pas toujours à l’étranger enfermé l’occasion de mettre un terme à ses
activités en Belgique et de récupérer ses biens, ce qui suscite une grande rancoeur.
Un Guinéen qui habite depuis quatre ans en Belgique est arrêté au cours d’un
contrôle dans un bus à Liège ; il a laissé derrière lui, entre autres, des meubles, une
télévision, une chaîne stéréo et des vêtements. Il en est très révolté, mais il sera
expulsé sans avoir pu rentrer en possession de ses affaires.
3.3.2. Impact de la détention
a) Difficulté de la détention en tant que telle
Quel que soit le centre où ils se trouvent, les étrangers nous font part de leur très grande
difficulté à supporter l’enfermement. La privation de liberté est une atteinte très lourde et a
des conséquences sur l’état psychique et physique des détenus.
En outre, le régime des centres est un véritable régime carcéral. Non seulement les gens y
sont enfermés, mais ils sont soumis à un système de groupe très strict pourvu de règles
nombreuses et d’une discipline sévère, avec des horaires fixes, des portes qui ne s’ouvrent et
ne se ferment qu’à clef. Ils ne jouissent d’aucune forme de vie privée. Selon les centres, le
régime a plus ou moins de souplesse, mais il reste un régime carcéral – à cette différence
près que dans les centres fermés les détenus n’ont pas, comme en prison, la possibilité de
travailler (à l’exception de petites prestations rémunérées par une carte de téléphone). Les
journées passent dans l’oisiveté, avec de temps à autre des activités sportives ou autres. Ces
conditions sont génératrices de beaucoup de tension et peuvent conduire à la dépression.
Le fait que les étrangers sont enfermés dans d’anciennes prisons ou dans des centres
lourdement sécurisés par de hauts grillages et des barbelés donne aux détenus l’impression
d’être considérés comme des « criminels » - alors qu’ils sont enfermés pour raisons
administratives et non suite à un délit. Certains en conçoivent un très violent sentiment de
révolte. Par ailleurs, l’ « arbitraire » qui caractérise les décisions d’enfermement (dont le
seul critère paraît être le nombre de places disponibles) suscite entre autres incompréhension
et colère.
Il y a très peu de respect de la vie privée et de l’intimité dans les centres fermés. Par
exemple, dans certains centres (au CIB et au 127) il n’y a que des dortoirs de 20 personnes.
Dans d’autres il y a aussi de plus petites chambres. Les familles sont logées dans une seule
chambre, ou deux s’il s’agit d’une famille nombreuse. Le détenu n’est jamais seul, il est
constamment environné par le bruit des autres.
La journée est découpée selon un schéma strict : heures fixes de lever et de coucher, heures
fixes pour les repas, heures fixes pour « prendre l’air », jours et heures fixes pour la douche.
Aucun choix individuel n’est possible pour les occupations de la journée. On est toujours
obligé de suivre le « mouvement du groupe ». Celui qui n’a pas envie de sortir pendant
l’heure de détente est obligé de sortir. Celui qui n’a pas faim est contraint d’accompagner le
groupe au réfectoire. Celui qui n’est pas fatigué doit aller se coucher à l’heure fixée, etc.
Pour la moindre infraction, le régime disciplinaire prévoit la sanction (pouvant aller jusqu'à
la cellule d’isolement). Le régime de groupe régit toute la vie du centre et pèse très
lourdement sur les détenus.
Dans certains centres, l’accès aux dortoirs ou chambres n’est même pas autorisé pendant la
journée. Dans d’autres, il est autorisé, parfois de façon limitée. Au centre 127 il y a en outre
le vacarme constant des avions qui décollent ou atterrissent : ce centre est situé sur les pistes
d’envol et d’atterrissage de l’aéroport national.
Tous les détenus portent un numéro, et dans certains centres le personnel ne s’adresse à eux
que par ce numéro, pas par leur nom.
Autre facteur de stress : le fait que les détenus ignorent quelle sera la durée de leur détention.
La loi fixe un premier terme de 2 mois, qui peut être prolongé de 2 mois puis encore jusqu’à
une durée totale de 5 mois (les gens considérés comme dangereux pour l’ordre public
peuvent être enfermés pendant 8 mois). Rappelons que dans les faits la détention est
illimitée, comme nous l'avons dit en première partie. Cette possibilité d'être détenu
administrativement de manière illimitée est un facteur supplémentaire de pression
psychologique et donc de stress très intense.
Au début de la détention, l’étranger ignore combien de temps celle-ci durera ; c’est
psychologiquement très pénible.
b) Quelques témoignages :
Novembre 2004: J‘ai eu un entretien avec un membre du personnel soignant du service
médical ; il me dit qu’il est normal que tous ceux qui sont enfermés aient des problèmes
psychologiques.
Janvier 2005 : M.D., camerounais : « Hier il y avait foot à la télé. Au beau milieu du match
nous avons dû aller nous coucher... qu’est-ce que c’est çà ? A Anvers on trouve une télé
pour 30 euros ... il faut quand même traiter les gens de façon humaine... »
Mai 2005 : Mme P., nigériane : Madame me dit qu’elle est si fatiguée de la détention. Elle
en devient vraiment malade. Elle demande combien de temps ce martyre va encore durer.
Elle se sent devenir folle. Je constate qu’elle est de plus en plus confuse. Elle parle de son
souhait de mourir ici.
Novembre 2004 : M. K., algérien : Cet homme est détenu alors que son père, ses 4 frères et
ses 3 soeurs habitent en Belgique et sont belges. Il était journaliste dans l’AIS (Armée
Islamique du Salut) en Algérie. Sa demande d’asile a été rejetée parce qu’une amnistie est
intervenue en Algérie. Il se plaint de forts maux de tête, il est très amaigri et souffre
d’insomnie dans le centre. Il est très anxieux.
Août 2005 : M. G., libanais : la demande d’asile de cet homme a été rejetée. Il ne cesse de
pleurer pendant l’entretien avec le visiteur. Il ne comprend rien à ce qui lui arrive, aux
raisons pour lesquelles la Belgique le maintient enfermé et à la manière dont il est traité
dans le centre.
Juin 2004 : Mme M., congolaise : son mari vit en Belgique depuis 2002 et est encore en
procédure d’asile. Elle a dû fuir parce que les activités passées de son mari la mettaient en
danger, et elle est arrivée en Belgique en juin 2004. Elle a été contrainte de laisser ses 4
enfants au Congo.
Sa demande d’asile a été refusée. Le HCR intervient et demande que son dossier d’asile soit
joint à celui de son mari, ce qui sera finalement le cas. Mais cette femme a été enfermée
pendant plus de 6 semaines et a subi une tentative de rapatriement (elle a refusé de partir).
Elle se plaignait de constants maux de tête, de vertiges et de cauchemars. Elle a perdu
conscience deux fois pendant sa détention.
c) Régime de groupe
L’A.R. du 2.08.02 prévoit expressément qu’un régime de groupe prévaut dans les centres
fermés. Ce qui signifie qu’il y a très peu de possibilité de vie privée et que chaque
déplacement à l’intérieur du centre se fait en groupe. Ce régime est psychologiquement très
dur à supporter. En pratique, le régime de groupe varie selon les centres. Dans l’un, on peut
circuler librement entre les chambres et les salles de séjour, dans d’autres ce n’est pas
permis. Mais il reste que les détenus vivent constamment en groupe.
Un Marocain qui a commis deux tentatives de suicide : « Je suis incapable de vivre
ici. J’ai fait « ceci » (il montre son poignet où l’on voit une cicatrice). J’ai un poids sur
la poitrine et j’ai l’impression que ma tête va éclater. Auparavant je n’avais jamais
pensé au suicide. Je ne me suis jamais senti prêt à mourir...lorsque je suis arrivé ici
j’étais un homme, maintenant je ne cesse pas de pleurer » . Quant à ce qui l’a amené
à vouloir se suicider : « Lorsque je suis arrivé dans le groupe, tout le monde s’est
moqué de moi. J’avais mal à l’estomac et je devais tout le temps roter. Au moment
du coucher, trois hommes du groupe avaient un projet contre moi pendant la nuit : je
les ai entendus chuchoter qu’ils voulaient m’attraper. Cette nuit-là je suis resté
éveillé...J’entendais un d’entre eux demander ‘est-ce qu’il dort ?’ et un autre répondre
‘non, pas encore’..... Je veux partir d’ici »,dit-il en pleurant.
Avril 2004 : M. H., somalien : il dit qu’il préfère être isolé du groupe parce qu’il n’est
jamais à l’aise avec les autres. Il a l’impression d’être traité comme un criminel, et
dort très mal. Il y a quelques jours, quelqu’un a répandu du dentifrice sur sa tête

