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31.08.2006
TOUS HUMAINS, TOUS CITOYENS !
En septembre et octobre 2006, ces femmes et ces hommes vont sillonner le pays et continuer leurs rencontres, continuer de rassembler autour d’eux tous ceux qui, en Belgique, partagent les mêmes valeurs, les mêmes aspirations. Débats, concerts, fêtes, rencontres culturelles et sportives… Durant plus d’un mois, une caravane de citoyens avec ou sans papiers, va rassembler et faire le point de toutes les initiatives prises jusqu’ici. A cette occasion, une grande pétition nationale est lancée. Elle devra permettre à des dizaines de milliers de citoyens belges et étrangers d’exprimer leur soutien aux initiatives visant à créer une loi de régularisation claire et satisfaisante, telle que l’UDEP et ses soutiens individuels, associatifs et politiques la défendent depuis toujours. A Antwerpen, Liège, Gand, La Louvière, Leuven, Charleroi, Kortrijk, Verviers, Bruxelles, Jodoigne, Arlon,Mons, Erezé… Partout où les Sans-papiers s’organisent et partagent le quotidien de leurs amis et voisins Belges, venez les rejoindre, leur parler, réfléchir, rire, danser avec eux, et affirmer ensemble notre exigence de citoyenneté partagée ! Contacts National : 0498/33 07 48 ou 0494/38 44 42
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Document général pour la caravane :
Le comité directeur du bureau de UDEP Bruxelles, mandaté par les sans-papiers de Bruxelles, a discuté pendant 3 mois avec des associations sur la possibilité d’obtenir un financement dans le but de restructurer, de réorganiser et de relancer les activités de UDEP.
Très tôt, le comité directeur du bureau UDEP Bruxelles a convoqué une réunion du bureau fédéral des sans-papiers de UDEP pour discuter de cette opportunité.
A l’unanimité, les membres assistants à la réunion ont salué l’initiative et ont donné mandat à UDEP pour continuer cette démarche somme toute positive et bénéfique pour les sans papiers.
Les partenaires acteurs d’un tel projet sont :
ü La CNCD (Coordination National pour la Coopération au Développement)
ü Le PAC (Présence Action Culturelle)
ü Coordination SOS migrants
La CNCD est une coupole d’ASBL regroupant plusieurs institutions.
Le PAC est une ASBL de gauche active dans le domaine culturel.
Quant à la coordination SOS Migrants, son rôle se résume à la prise en compte de la détresse des immigrants clandestins africains tentant vaille que vaille de regagner l’eldorado européen à partir des enclaves de Ceuta et de Melilla et des autres portes d’accès à l’Europe (Libye, Mauritanie, Sénégal, etc.).
Ces associations ont été très enthousiasmées par la capacité de UDEP à réunir en son sein plusieurs milliers d’individus, de toutes couleurs, de toutes religions, de toutes origines et de toutes valeurs autour d’un idéal commun : la lutte pour l’obtention de papiers.
UDEP a, en effet, démontré, pour la première fois en Europe, qu’une association créée et gérée par des sans papiers pouvait gagner le respect et la confiance au sein d’une certaine opinion publique européenne jusque là figée sur certaines idées arrêtées.
Le thème central de cette caravane est : la citoyenneté avec sous sans papiers.
Les principaux arguments qui sous tendent cette coopération avec les associations c’est d’aider UDEP à atteindre ses objectifs qui font aussi partie, d’une certaine manière, des principales missions inscrites dans leurs cahiers de charges.
Ainsi, la caravane vise donc les 6 objectifs suivants :
Ø Permettre à UDEP de garder et d’entretenir les contacts politiques mais surtout de mettre la pression sur le monde politique pour obtenir la régularisation des sans papiers sur base de critères clairs et précis inscrits dans une loi.
Ø Retravailler avec le monde associatif et les mouvements syndicaux pour obtenir une meilleure protection et compréhension de ses objectifs.
Ø Sillonner toute la Belgique pour mobiliser les sans papiers et l’opinion publique belge, final décideur politique, sur le sort des sans papiers.
Ø Elaborer et faire signer par un maximum de belges une pétition centrée sur le thème « la citoyenneté avec ou sans papiers ». L’objectif intermédiaire est de se préparer et d’être mieux outillé pour affronter les échéances électorales fédérales de 2007. L’idée est de rassembler tous les publics susceptibles de se mobiliser, à partir de leur propre sensibilité.
Ø Mobiliser et sensibiliser, les sans papiers et les belges, à la huitième commémoration de la mort Sémira Adamu le samedi 23 septembre 2006 à Bruxelles. Sémira Adamu était une jeune femme demandeur d’asile morte assassinée, par neuf gendarmes belges à l’aide d’un coussin d’étouffement.
Ø Créer un lieu de concertation mensuelle entre l’UDEP et les coordinations des partis politiques démocratiques. Le même cadre pourrait être mis sur en place en Flandre avec les coordinations des partis politiques démocratiques flamandes. L’objectif reste toujours la rentrée des sans papiers dans les débats électoraux de 2007.
La caravane sera lancée officiellement par une conférence de presse nationale en principe le lundi 11 septembre 2006.
Elle sera organisée entre les mois de septembre et octobre 2006 pour permettre aux sans papiers de s’insérer déjà dans les débats politiques relatifs aux élections communales du 8 octobre prochain.
Les différentes étapes de la caravane seront préalablement définies par UDEP.
Concrètement, il s’agit d’aller à la rencontre des sans papiers dans les églises et chez eux, des groupes de citoyens dans les festivals culturels, dans les universités d’été des partis politiques, et dans les manifestations sportives, à travers tout le pays.
Ainsi, la caravane permettra de créer :
- une large visibilité autour du mouvement UDEP,
- mais surtout une vaste restructuration des sections locales de UDEP et de lancer des groupes de « citoyens pétitionneurs » au sein des collectifs de soutiens.
Dans cette optique, les bureaux locaux recevront des dotations symboliques en matériels de mobilisation et de militantisme (cartes de membres, cartes de sympathisants, badges, pins, autocollants, flyers, banderoles, T-shirt, affiches, fournitures de bureau, etc.).
Ils pourront librement vendre les autocollants, T-shirt, cartes de membres, cartes de sympathisants, badges et pins pour le financement leurs propres activités.
La caravane sera parrainée par des célébrités belges soucieux du bien-être des sans papiers.
Finalement, une commission d’experts en communication et lobbying politique et culturel sera mise en place en fin de tournée autour de UDEP. Cette commission qui comprendra des membres de UDEP et des personnes ressources extérieures fera des propositions concrètes à UDEP.
Une conférence de presse finale sanctionnera la fin de la caravane.
00:24 Publié dans Caravane | Lien permanent | Envoyer cette note
PETITION
Nous n’acceptons pas de voir des personnes qui vivent dans une détresse immense et dans la peur : risque d’expulsion, angoisse du lendemain, culpabilité vis-à-vis des enfants auxquels il est difficile de promettre un avenir….
Malgré leurs craintes, les Sans-papiers nous font une bonne démonstration de citoyenneté responsable, en élaborant et en défendant par le débat et par des actions pacifiques, une proposition de loi de régularisation établissant des critères clairs et permanents.
Ils veulent travailler. Ils refusent d’être à la charge des pouvoirs publics. Ils veulent retrouver leur dignité. Ils demandent à se voir reconnaître le rôle d’acteurs positifs et responsables qu’ils jouent déjà depuis des années dans la société belge.
Pour toutes ces raisons, nous, signataires de cette pétition, soutenons l’action que mènent les Sans-papiers. Nous disons aux responsables politiques et à l’opinion belge que la régularisation des Sans-papiers n’est pas une faiblesse, mais une expression de la vigueur de notre démocratie, et une confirmation de notre Etat de droit.
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00:20 Publié dans Caravane | Lien permanent | Envoyer cette note
29.08.2006
Le Foyer des réfugiés iraniens de Belgique
Depuis le 10 août, une centaine d’Iraniens sont en grève de la faim à Etterbeek pour demander leur régularisation. Après des mois de démarches auprès des politiques et d’actions de sensibilisation des médias et de la population, ils ont considéré qu’on ne leur laissait plus que ce moyen désespéré pour tenter de se faire entendre : cela semble le seul « critère » clair pour obtenir des papiers.
Quelle autre solution, dès lors pour eux que de se lancer dans une action désespérée, comme une grève de la faim pour attirer l'attention sur eux ?
Ni expulsables, ni régularisables, ces candidats citoyens, plongés dans la précarité n'ont donc d'autre horizon possible que la clandestinité.
En tant que représentants du Foyer des Réfugiés Iraniens en Belgique et du Comité de Soutien aux Réfugiés Iraniens, nous nous permettons d’attirer votre attention sur le caractère exceptionnel de la situation des demandeurs d’asiles Iraniens en Belgique.
Les actions de sensibilisation qui se poursuivent aujourd’hui dans l’église du Sacré Cœur d’Etterbeek par une grève de la faim de plus de cent personnes débutée le 10 août dernier, comme l’échec de l’ensemble de toutes nos démarches officielles, entamées le 1er avril, semblent démontrer que le chemin de la négociation et du dialogue avec les instances compétentes est devenu malheureusement caduc.
Nous voulons communiquer à la population Belge que le reste des 350 Iraniens de l’Eglise de Notre Dame de Sacré-Coeur d’Etterbeek qui n’est pas encore en la grève de la faim, a décidé de la commencer à partir de demain, mardi 29 août.
Vos jugements et vos votes du 8 octobre monteront clairement vos choix :la solidarité et la dignité humaine ou le rejet et l’exclusion !
Où doivent-ils donc aller ?
SAMAD Ali; alisamad20@yahoo.fr et MIR SATTARI Anwar; wwww@skynet.be- 0475-71 69 25
Pour le Comité de soutien des Réfugiés iraniens,
LAMBERT Edmée, edmlambert@skynet.be
Avenue Edouard de Thibault, 12 -1040 Bruxelles
10:26 Publié dans Général | Lien permanent | Envoyer cette note
54ème jour de grève de la faim
Opposant politique kurde en grève de la faim au centre fermé de Merksplas depuis 54 jours
M.KILIC Ali, son épouse et leur enfant d’un an étaient enfermé au centre fermé 127bis à Steenokkerzeel depuis le 4 juillet. Ils ont été arrêtés lors d’une interview à l’office des étrangers.
Monsieur KILIC a entamé une grève de la faim dés son arrivée au 127bis. Depuis lors il a été transféré à plusieurs reprises du 127bis au centre fermé de Merksplas . Il est actuellement à son 54ème jour de grève de la faim.Monsieur KILIC va très mal et semble ne pas recevoir les soins adaptés à son état. Actuellement il est certain qu’il est en danger de mort, mort qui peut survenir à n’importe quel moment.
M.Kilis était engagé politiquement en Turquie et a du fuir son pays. IL a fait une demande d’asile en Grèce en 2001 qui a été refusé en 2005
Il semble que la considération principale à la base de ce refus serait le fait que M. KILIC ait entrepris plusieurs voyages clandestins pour le compte de son organisation dans le pays qu’il a fui.
La Belgique veut le renvoyer en Grèce ou aucun recours n’est possible. Le HCR a rédigé un document attestant que la Grèce n’acceptera pas l’introduction d’une nouvelle demande d’asile. Dés son arrivée en Grèce, Monsieur Kilic sera renvoyé en Turquie et emprisonné là-bas.
Les avocats de Monsieur Kilic ont introduit le 6 août une nouvelle demande d’asile. Les assistants sociaux du centre fermé ont fait obstruction à cette demande d’asile pour toutes sortes de raisons qui ne relèvent pas de leur compétence. La demande d’asile n’est arrivée aux autorités que le 22 août. Monsieur Kilic était déjà à son 50 èmes jours de grève de la faim.
La réponse négative est arrivée le 23 août et les avocats ont fait un recours au conseil d’état ce 25 août, dont on attend toujours la réponse.
Il semble que l’Office des Etrangers s’acharne sur cette situation, comme sur beaucoup d’autres et que l’arbitraire reste de mise.
L’office des étrangers et tous les tribunaux compétents préfèrent ignorer l’état et la situation de Monsieur Kilic au risque de le laisser mourir dans leurs centres.
Quand est ce que nos politiques vont ils réagir à cette toute puissance du ministre de l’intérieur et de l’Office des étrangers qui prennent des décisions arbitraires au risque de mettre des vies en danger presque quotidiennement ?
Contact: 0473628733 0484729830
Pour la CRER
Eveline
10:25 Publié dans Général | Lien permanent | Envoyer cette note
28.08.2006
Tentative de suicide de William Sandoval
Ce dimanche 27 août 2006, M. William Sandoval, « Sans papier » d’origine équatorienne, a tenté de mettre fin à ses jours sur la place Dailly, à Schaerbeek, par désespoir suite à sa situation administrative et humaine. Cet homme, un artiste vivant en Belgique depuis 10 ans, est désespéré de ne pas voir sa situation évoluer, et pire, de la voir chaque jour se dégrader tant administrativement qu’humainement.
En tentant de sauter du haut d’une grue, William Sandoval a mobilisé les pompiers, le bourgmestre de la commune de Schaerbeek et même le directeur de l’Office des Etrangers.
En effet, M. Roosmond a été directement interpellé en plein dimanche par Ali Guissé, le porte parole de l’UDEP, lui-même dépêché sur les lieux pour venir en aide au « Sans papier ». Le directeur de l’Office des Etrangers a ainsi promis que M. Sandoval ne serait pas expulsé ni retenu dans un centre fermé.
L’UDEP est évidemment bouleversée par ce drame dont la mort d’homme a été évitée de justesse. Elle indique que l’attitude de William Sandoval ne lui est pas étrangère, car les membres de l’UDEP vivent au quotidien le désespoir exprimé par les « Sans papiers » dans toutes les occupations et en dehors. A l’instar de M. Sandoval, de nombreuses demandes de régularisation sur base de l’article 9.3 de la loi sur le séjour des étrangers, ont été ignorées par les récentes mises à niveau de la loi belge en cette matière. Cette loi n’a en effet traité que des seules demandes d’asile, et qui plus est, de certaines catégories de demandes d’asiles, ce qui au total ne concerne qu’une petite minorité de « Sans papiers ».
Nous interpellons le ministre de l’intérieur et son administration, ainsi que les autorités publiques dont notamment les bourgmestres, pour leur rappeler que les grèves de la faim menées par plusieurs « Sans papiers », loin d’être un « chantage » comme aiment à les présenter ces autorités, traduisent tout simplement le réel désarroi et la vive détermination d’hommes et de femmes qui sont maintenues dans un statut de précarité et d’injustice inhumaines. Les réponses musclées et inadaptées des autorités à ces grèves de la faim sont donc totalement inappropriées.
Nous désapprouvons la tentative de suicide ou le suicide comme moyen d’expression, tout comme nous avons toujours considéré la grève de la faim comme une arme de dernier recours. Mais lorsque son auteur, qui ne demande pas avis à autrui, est décidé à poser un tel acte, on ne peut que l’en dissuader.
William Sandoval a choisi de poser son acte en public, d’une manière telle qu’il ait pu être sauvé. Mais combien demain seront tentés de vouloir poser le même acte en secret, nous léguant peut-être un corps et une lettre comme en leur temps Yaguine et Fodé, ces deux enfants guinéens dont les corps avaient été retrouvés dans le train d’atterrissage d’un avion de la SABENA ?
Monsieur le ministre, mesdames messieurs les bourgmestres, combien de tentatives de suicides devront-elles se solder par un décès pour que vous preniez à sa juste mesure l’ampleur du problème ? Allez-vous expulser tout le monde d’un seul coup pour que personne ne se suicide sur le territoire de votre compétence ? Ou alors la détresse d’un « Sans papier » ne vaut-elle pas qu’on s’y arrête et qu’on s’attaque à la racine du mal ?
La longueur des durées des procédures, l’arbitraire et l’injustice permanentes observées dans le traitement des dossiers de régularisation sont grandement responsables de la précarité dans laquelle sont maintenues des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants pourtant souvent parfaitement intégrés et productifs dans notre pays.
L’UDEP rappelle que, dans le contexte actuel, le traitement au cas par cas de chaque dossier reste une solution rétrograde, qui n’apporte aucune réponse adéquate à la gravité du problème exprimé par les « Sans papiers ». Elle rappelle que seuls le vote d’une loi établissant des critères clairs et permanents et une régularisation massive, comme cela a été le cas en Espagne et en Italie, pays de plus grande immigration que la Belgique, pourront apporter une solution adaptée à la gravité du problème. Elle demande par conséquent au ministre de l’intérieur et à son administration de procéder le plus rapidement possible à ces solutions, avant que, de désespoir, une ou plusieurs autres tentatives de suicide ne se soldent par des drames.
UDEP National
01:38 Publié dans Communiqué | Lien permanent | Envoyer cette note
21.08.2006
Nous exploitons toute « la misère du monde »
La question des « sans-papiers » hante le débat politique sans trouver de réponse satisfaisante pour bon nombre d’acteurs associatifs et académiques.
Qui de responsable aujourd’hui refuserait d’admettre que « nous ne pouvons accueillir toute la misère du monde » ? Qui de responsable aujourd’hui ne subordonne pas « le devoir de solidarité » à « la protection de notre ordre social » ? Poser la question, c’est y répondre. Vraiment ?
En effet, derrière l’apparence pernicieusement péremptoire de cette manière de cadrer l’analyse se cache le caractère hautement idéologique de notre représentation des « sans-papiers ».
Il suffit pour s’en convaincre de confronter notre perception de la question à quelques données… objectives qui font, bien trop souvent, cruellement défaut dans ce débat.
Ainsi, le pseudo « appel d’air » qui, pour d’aucuns, aurait suivi la régularisation de 1999 s’est, en réalité, accompagné, entre 2000 et 2002, d’une diminution constante de la population étrangère enregistrée en Belgique. En 2005, le nombre d’étrangers résidant officiellement dans notre royaume était inférieur à son niveau de… 1999. D’une part, le solde migratoire des non-Européens a baissé entre 1999 et 2001 et, d’autre part, les Marocains et les Turcs, invités à immigrer dans le cadre de la période d’expansion économique d’après-guerre et à présent ancrés en Belgique souvent depuis plus d’un demi-siècle, ainsi que leurs descendants, ont acquis la nationalité belge.Si l’on considère les flux migratoires, le solde migratoire des non-Européens est en 2002 d’un peu plus de 30 000 personnes… du même ordre, à l’échelle de la population belge, que le nombre de Belges qui ont choisi cette année-là de s’installer à l’étranger.
Cet accroissement annuel de moins de 0,5 % de notre population ou la centaine de milliers de « sans-papiers » communément évaluée en Belgique (pas même 1% de la population belge) seraient-ils une menace pour l’ordre social de plus de… 10 millions de personnes? Se pourrait-il que notre modèle social soit mis en danger par une augmentation de la population aussi marginale ? Les études sur le sujet infirment cette hypothèse, à la différence patente des pays paupérisés qui accueillent, en réalité, l’immense majorité « de la misère du monde ». En effet, « les demandeurs d’asile et les réfugiés qui tentent leur chance en Europe et en Amérique du Nord ne représentent qu’à peine 5 % du total des réfugiés et déplacés dans le monde. Et seuls 0,2 % de ce total finissent par s’installer dans les pays riches, dont plus de 95 %… en Amérique du Nord ». Ainsi donc, si l’immigration est un « fardeau », il l’est essentiellement et avant tout pour les pays paupérisés.
En ce qui concerne nos pays, bien plus qu’une menace pour notre ordre social, « les sans-droits », déshabillés de toute protection juridique ou sociale et livrés à toutes les formes d’exploitation, en sont en réalité davantage les victimes.En effet, « la délocalisation sur place », équivalent, pour les secteurs économiques qui ne peuvent délocaliser leur production, de l’émigration de nos personnes morales, permet de parachever « l’exploitation de la misère du monde » que constitue la mise en concurrence, au niveau mondial, des niveaux et cadres de vie des travailleurs.
Nous profitons tous de cette exploitation de la misère du monde.
En effet, seule une faible partie de la valeur de notre production délocalisée rémunère le travail et les matières premières des pays du « sud » et de la « périphérie ». L’essentiel de cette valeur irrigue notre économie et les différentes strates de notre société à des degrés divers.
Par ailleurs, l’exploitation économique criminelle des « sans-papiers » est un véritable soutien à notre pouvoir d’achat. A titre d’exemple, la seule Vénétie économise plus de 180 millions d’euros par an (environ un quart de l’aide au développement annoncée en 2006 par la Belgique !) en recourant aux aides à domicile en provenance de l’Europe de l’est. Combien en Belgique pour l’horeca, le bâtiment, les employés de maison, les soins à domicile, l’agriculture saisonnière,… ?
Enfin, quant à la très faible proportion de non-Européens (2%) qui composent la population active belge, leur ségrégation dans les segments d’activités les plus précarisés et la discrimination dont ils sont victimes ne sont plus à établir.
Exploité économiquement, le « sans-papiers » l’est une deuxième fois idéologiquement.
Représenté au mieux comme un problème, au pire comme un prédateur menaçant nos richesses, voire un criminel, le « sans-papiers » est instrumentalisé afin de légitimer l’imposition de l’austérité et le détricotage de nos acquis sociaux. Mis en concurrence avec des « sans-droits », combien de temps les citoyens de ce pays pourront-ils préserver les leurs?
N’est-il pas temps de comprendre que la défense de nos acquis sociaux passe par la protection des plus fragiles d’entre nous ? L’intérêt bien compris n’impose-t-il pas l’alliance objective avec les victimes de notre ordre socio-économique?
La solidarité ou la violence comme base du rapport à l’autre ? Telle est la question qui est au coeur du débat sur la régularisation, en particulier, et sur la mondialisation, en général.
Notre ordre social et la bonne conscience qui y règne semblent démontrer que nous pouvons impunément « exploiter toute la misère du monde ». Mais pour combien de temps ?Souhail Chichah (Chercheur au département d’économie appliquée de l’ULB).Ali Guissé (Coordinateur & Porte Parole Général de UDEP National) Fouad Lahssaini (Président du Centre National de Coopération au Développement-11.11.11) Benoît Van Der Meerschen (Président de la Ligue des Droits de l’Homme) Pierre Galand (Professeur ULB) Mateo Alaluf (Professeur ULB) Nouria Ouali (Chercheure au groupe de recherche « Genre et Migration » de l’ULB) Serges Noël (Coordinateur SOS migrants) Jacques Bude (Professeur honoraire ULB)
21:15 Publié dans Communiqué | Lien permanent | Envoyer cette note
Invitation à la commémoration Semira Adamu - 23 Sept. 2006
Pour un soutien financier extrêmement nécessaire veuillez verser au compte - 063 - 4107523 - 93 - SEMIRA ADAMU 2006
Association : ..............................
Nom du signataire : ..............................
Personne ou groupe : ..............................
rue de Dublin 33 - 1050 Ixelles
> contact : FR 0496 40 33 09 - NL 0496 27 94 78 comite_25_fevrier_2006@yahoo.fr
10:11 Publié dans Semira Adamu | Lien permanent | Envoyer cette note
Commémoration Semira 2006:Huit ans après Semira, le combat continue…
Le 22 septembre 1998, Semira Adamu, une jeune nigériane de près de vingt-ans, mourait, étouffée par neuf gendarmes armés d’un coussin, acharnés à l’expulser du petit royaume surprotégé, à tout prix, à six reprises chaque fois plus violentes. Fuyant un mariage forcé avec un sexagénaire polygame, elle était venue chercher l’asile dans l’Europe des droits de l’Homme. Elle n’y trouva que la raideur administrative, la froideur du pragmatisme gestionnaire et sécuritaire, les barreaux d’un centre fermé, la violence policière et la mort.
Huit ans plus tard, rien n’a changé. Les hommes et femmes migrant en quête d’une vie plus sûre et moins précaire sont toujours traité-e-s comme des « flux » qu’il s’agit de contrôler et de refouler. Chaque année, 8000 personnes sont toujours enfermées abusivement, puisqu’elles n’ont commis aucun délit, et inutilement, puisque la majorité d’entre elles sont relâchées dans la nature et la clandestinité après quelques mois d’incarcération. Parmi celles-ci, on compte de plus en plus d’enfants, détenus en contravention flagrante avec le droit international, privés du droit fondamental à l’instruction et à la dignité. Les expulsions se perpétuent (et tuent parfois) dans l’arbitraire, la violence et le non respect des droits fondamentaux dont l’Europe se vante être le berceau. Tout récemment encore, madame Hawa Diallo, jeune guinéenne, et son fils Yousouf, connurent une succession de tentatives d’expulsion, chaque fois plus violentes : camisole de forces, jambes ligotées, escortes musclées par cinq gendarmes, coups dans le ventre, étranglements,… Elle échappa de peu au sort tragique de Semira dont nous voulons chaque année commémorer la mémoire. Deux cas emblématiques du peu de reconnaissance par les politiques d’asile européenne de l’oppression, de l’exploitation et de la violence que subissent les femmes dans les pays qu’elles fuient.
A l’intérieur des frontières du royaume, des dizaines voire des centaines de milliers de migrants passant au travers des mailles du filet répressif ou ayant été libérés d’un centre fermé suite à l’échec de leur éloignement, vivent dans les interstices clandestins de nos sociétés. Sans que l’État ne reconnaisse officiellement leur présence mais qu’il tolère hypocritement car il est incapable d’expulser toutes les personnes irrégulières sans glisser vers un État policier et que celles-ci s’avèrent en fin de compte très utiles, si pas nécessaires, au travail précaire et non protégé sur lequel reposent des pans entiers de notre économie. Depuis quelques mois – fait nouveau et décisif –, ces hommes et ces femmes se sont décidé-e-s à sortir de l’ombre, à s’organiser au sein de l’UDEP (Union pour la Défense des Sans-Papiers), à occuper des lieux symboliques, à manifester et même à rédiger une proposition de loi pour revendiquer leur régularisation, c’est-à-dire leur droit d’exister, leur droit d’avoir des droits. Ce mouvement prend de l’ampleur au plus total mépris du gouvernement qui vient d’approuver une énième réforme de la loi sur les étrangers, animée par la même logique gestionnaire et sécuritaire que les précédentes, sans la moindre prise en compte des doléances des personnes sans-papiers.
Cette situation n’est pas propre à la Belgique, elle se retrouve et se décide au niveau européen. Dès le lendemain de l’assassinat de Semira Adamu, le vaste mouvement de solidarité et d’indignation, suscité dans la société civile, dénonçait déjà la construction d’une Europe forteresse. Depuis lors, la construction de cette Europe-là progresse à bien plus grand pas que celle de l’Europe sociale ou de l’Europe des droits. Des policiers et policières coopèrent pour renforcer et perfectionner le contrôle des frontières. Les ministres de la Justice et des Affaires intérieures se concertent pour élaborer des normes communes de rapatriement et organiser des charters communs pour les expulsions collectives. Des budgets considérables sont alloués aux nouveaux États membres afin de garantir l’imperméabilité des nouvelles frontières de l’Europe élargie. La coopération au développement se marchande avec les pays du sud contre des accords de réadmissions pour toutes les personnes migrantes parties ou ayant transitées par chez eux. Petit à petit prennent forme les projets d’externalisation de l’asile (camps dans les pays tiers où seraient parqués tous les candidat-e-s à l’asile ou l’immigration en Europe dans l’attente d’une réponse rarement positive). A Rabat, la récente conférence ministérielle euro-africaine sur la migration et le développement aboutit à 62 recommandations pour « endiguer » le « fléau » de l’émigration (et non plus l’immigration) clandestine.
Les conséquences de cette politique de forteresse commencent à faire de plus en plus de bruit dans les médias et l’opinion publique : ce sont, chaque jour, des dizaines de morts qui sont recensés lors du trajet vers ou à l’abord des côtes espagnoles et italiennes (15 000 décès depuis 1993).
Ces conséquences, au même titre que le meurtre de Semira, l’arbitraire, la violence et le non respect des droits fondamentaux qui sévissent toujours en Belgique, seront inévitables tant que les politiques ne comprendront pas que la migration est un phénomène séculaire, intrinsèque à l’humanité, et de surcroit favorisé et démultiplié par la modernité, la mondialisation et l’inégalité des rapports Nord/Sud. Le mouvement définit la vie et aucune politique, aucun arsenal répressif, ne pourra jamais le refreiner complètement. Toute tentative de le réprimer se révèle inefficace, dangereuse et contreproductive. Plus on restreindra l’immigration légale, plus se développera l’immigration clandestine. Plus on durcira les conditions d’accès au territoire et renforcera les contrôles, plus on poussera les migrants dans des conditions toujours plus précaires qui font le fonds de commerce des trafiquants en tout genre et plus on bafouera les droits fondamentaux de la personne humaine.
Il est donc temps que l’on inverse la logique. Il est donc urgent et indispensable que l’on fasse désormais primer le respect des droits de l’homme – pour toute personne humaine, d’où qu’elle vienne et où qu’elle aille – sur les impératifs gestionnaires et sécuritaires de nos opulentes démocraties libérales, de nos États occidentaux dont la puissance, la supériorité, la richesse, le bien-être et les droits se sont, entre autre, construits sur le dos de l’exploitation des pays et des peuples dominés. Dès lors que la politique d’éloignement se révèle irréaliste ; que la politique d’enfermement se révèle très souvent inutile ; que toute personne résidant sur notre territoire et contribuant à notre économie a le droit d’avoir des droits ; que la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des Libertés fondamentales garantit à toute personne le droit à la vie (art. 2), à la dignité (art 3), à la sûreté et à la liberté (art. 5) dont la liberté de circulation (art. 2 du protocole additionnel n°4) ; qu’il est du devoir de l’État de respecter et d’encadrer les libertés pour ne pas les livrer aux lois de la jungle ; nous revendiquons, en mémoire de Semira et au nom de toutes les personnes migrantes :
10:05 Publié dans Semira Adamu | Lien permanent | Envoyer cette note
18.08.2006
Expulser dignement ? Une impossibilité de principe
19/07/2006
2. l’Etat belge ne s’est toujours pas conformé à l’Arrêt Conka de la Cour européenne des droits de l’Homme qui a condamné l’Etat belge en raison de l’absence de recours effectif contre les mesures d'éloignement d'étrangers et le non-respect du droit de faire contrôler la légalité de la privation de liberté en vue de l'éloignement.
12:14 Publié dans Communiqué | Lien permanent | Envoyer cette note

