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31.07.2006
Communiqué des Sans-papiers de l’église Notre Dame immaculée au centre fermé de Vottem
Avant tout, on tient à vous remercier, vous tous qui nous soutenez, « Les Occupants de l’église Notre Dame immaculée d’Anderlecht », un soutien qui nous réconforte et soulage notre désarroi.
Beaucoup de mots à vous dire pour remercier, mais vu ce qu’on a subi depuis notre expulsion de l’église et la maltraitance… Nous tous on vit un calvaire permanent : on ne dort plus, à chaque fois qu’on ferme l’œil on voit les agents des services de l’ordre qui nous ont fait subir des insultes, ont tapé ; et dire qu’on est dans un pays de droit et de démocratie.
Ce jour là on nous a considérés pire que des terroristes, c'est-à- à dire doubles menottes aux pieds et aux mains. Ceci n’est que l’épilogue de notre histoire qui est d’ailleurs triste, touchante…
On peut vous écrire des pages, pour vous raconter la terreur de chacun d’entre nous. On ne comprend pas pourquoi, ils ont diffusé à la télé juste les images de notre sortie de l’église, pourquoi ils ne nous ont pas montrés quand on a été dans la cellule menottés et qu’on les suppliait pour qu’ils desserrent les colsons, pourquoi ils n’ont pas montré aussi quand ils nous frappaient et mettaient nos têtes contre le gravas "dans la caserne des sapeurs pompiers" et c’était des coups dans le visage, le dos, c’est "comme vous écrasez une clope" : avec leur casques, matraques, en plus les bombes lacrymogènes… pourquoi ils n’ont pas montré que pour chacun de nous, il a fallu 5 à 6 policiers. Est-ce que vous-vous imaginez, vous vous rendez compte, pour 48 personnes, ils avaient besoin de toute la police de Bruxelles même plus ; c’est inadmissible, injuste, inacceptable. Tout ce déploiement des forces de l’ordre, était-il nécessaire ? Sommes-nous des terroristes ? Non, nous ne sommes que des êtres humains, égaux, qui ne demandent qu’un peu de reconnaissance, de dignité, mais cette dernière "dignité" a été depuis ce fameux 4 juillet, bafouée, piétinée, au point de nous prendre comme des vaches, comme témoigne la réaction de cet agent de police : au moment de passer une autre paire de menottes à l’un d’autre nous qui gémissait, ce dernier lui a dit de brouter l’herbe. Est-ce raisonnable… ?
Nous espérons avoir donné un aperçu de l’enfer que nous avons vécu.
Mesdames, messieurs, en attendant votre réponse, veuillez agréez, Mesdames, Messieurs, nos sentiments les plus bafoués.
Signé : Les Sans-papiers
de l’église Notre Dame d’Anderlecht (1070) Bxl
au centre fermé Vottem (Liège)
00:40 Publié dans Occupations d'églises | Lien permanent | Envoyer cette note
30.07.2006
Semira Adamu nous appel tous !!!
10:32 Publié dans Semira Adamu | Lien permanent | Envoyer cette note
Pas de vacances à Saint-Bernard-Beach ni à Sainte-Alène-les-Bains !
Saint Bernard : 83 Rue de la Source, Sainte Alène : 53 Avenue des Villas, 1060 Bruxelles
10:26 Publié dans Bruxelles | Lien permanent | Envoyer cette note
26.07.2006
Portrait d'Ali Guissé
La Belgique que j'ai découverte n'est pas celle de Pfaff mais de Verhofstadt
Rencontre • Ali Guissé, porte-parole de l'Union de défense des sans-papiers (UDEP)
Les sans-papiers sortent de l'ombre. Aujourd'hui 41 lieux sont occupés symboliquement. À leur tête, Ali Guissé. Portrait.
Julien Versteegh
05-07-2006
| Pour Ali Guissé, responsable de l'UDEP, ici lors d'un meeting de soutien à Maria Vindevoghel: «Nous savons que tant que le capitalisme existera, il y aura toujours des sans-papiers.» (Photo Solidaire, Lotfi Mostefa) - Cliquez sur la photo pour l'agrandir - |
À 34 ans, le coordinateur et porte parole de l'Union pour la Défense des sans-papiers (UDEP), vient de passer ses examens de formateur interculturel. Ce qui ne l'a pas empêché de suivre avec passion le parcours au Mondial de l'équipe de Côte d'Ivoire «qui représente la véritable diversité ethnique et religieuse du pays».
Né en 1972 en Côte d'Ivoire, à Abidjan, où il passe son enfance, Ali précise que s'il est de nationalité ivoirienne, ses origines sont sénégalaises et musulmanes.
C'est toute l'Afrique prise entre tradition et modernité qui s'exprime à travers lui. Il refuse de dévoiler le nombre de ses frères et surs car dans la tradition «compter les membres de la famille porte malheur». Mais Ali veut construire sa propre identité: «J'étais un jeune perturbateur» se plait-il à dire. Il refuse d'aller à l'école coranique: «Je me disputais avec l'ustaz (le maître, ndlr)». Au grand désespoir de son père.
Il confie avoir mené une enfance confortable pour un Africain. Son père, riche grossiste en fruits et légumes, fournit les institutions d'état: «Je n'avais rien à envier aux européens.» avoue-t-il.
Après ses primaires dans une école privée, il fréquente un temps le lycée français mais décroche en 1982 pour se consacrer à la culture hip hop qui déferle à l'époque sur l'Afrique.
Début des années 1990, c'est l'époque des remises en question. Il rejoint l'Association des jeunes musulmans de Côté d'Ivoire, «pour comprendre, avoir des réponses à mes questions». Il en deviendra secrétaire général. Autodidacte, il affine sa pensée: «la connaissance de soi mène à la sagesse, tandis que la connaissance de l'autre mène à la plénitude».
Rien ne le poussait donc à émigrer
Tout change en 1995. Le nouveau président Henry Bédié impose de consommer ivoirien. Ce principe s'étend à la vie politique. Prouver son ivoirité devient obligatoire pour être éligible. La famille Guissé, d'origine sénégalaise, est la cible de harcèlement policier. En 2000, Laurent Gbagbo arrive au pouvoir. De véritables escadrons de la mort sont mis sur pied. En 2002, une rébellion coupe le pays en deux. La population musulmane est accusée de soutenir les rebelles. Ali est arrêté et emprisonné 15 jours. Libéré mais menacé, il décide de fuir le pays. La première destination qui s'offre à lui est la Belgique qu'il ne connaît pas. «À l'école, on étudiait l'histoire de l'Afrique et on parlait du Congo belge. Je croyais que belge c'était africain. C'est durant le mondial de football de 1986 que j'ai été soufflé par le jeu du gardien Jean-Marie Pfaff et les dribles de Scifo. J'ai compris que la Belgique était un pays».
«Avec ou sans papiers, nous sommes tous des travailleurs»
Il débarque à Zaventem le 10 février 2004. C'est le premier choc. À la gare du Midi à Bruxelles, médusé par la saleté et l'insalubrité du quartier, il pense s'être trompé de pays. Puis c'est la confrontation avec l'Office des Etrangers, où il introduit sa demande d'asile deux jours plus tard: «Imaginez un Africain débarquant en plein mois de février, obligé d'attendre des heures dans un local non chauffé pour s'entendre dire qu'il faut revenir». Placé 5 mois en centre ouvert à Florennes, la démocratie et le bien être européens lui semblent un lointain mirage: «La Belgique que je découvrais n'était pas celle de Pfaff et de Scifo mais de Verhofstadt et consort. Le centre ouvert était dans un état lamentable, les soins médicaux étaient pitoyables, le docteur n'était même pas docteur». Il s'investit pourtant dans la vie du centre et met à profit son séjour pour bouquiner. Il étudie le système politique et administratif belge.
Sa procédure d'asile est typique: un premier avis négatif de l'Office des étrangers , puis un recours au Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides avant de recevoir son avis de recevabilité.
Il rejoint Amnesty International. Cet engagement le met en contact avec le mouvement des sans-papiers et rejoint l'UDEP. Lorsque son fondateur quitte le navire, il en prend la tête et lance le mouvement à Bruxelles. Avec d'autres membres de l'UDEP, il est l'initiateur de la très longue occupation de l'église Saint-Boniface à Ixelles, qui aboutit à sa propre régularisation. De là, le mouvement essaime. Aujourd'hui 41 églises, mosquées et autres lieux sont occupés: «Nous avons réussi à briser la peur parmi les sans-papiers»
Il sonne à toutes
les portes du monde associatif, politique
et syndical
Pour Ali, «avec ou sans papiers, nous sommes tous des travailleurs». On le voit à la marche pour les prépensions le 28 octobre 2005: «Reconnaître les sans-papiers pour en faire des affiliés qui cotiseront à la sécurité sociale et donc la renforceront. Tous les travailleurs y ont à gagner». Et quand on lui fait remarquer que l'Europe ne peut accueillir toute la misère du monde, il répond par un proverbe africain: «Quand les blancs sont venus en Afrique, nous avions la terre et ils avaient la Bible. Ils nous ont dit de fermer les yeux pour prier ensemble. Quand on les a rouverts, ils avaient la terre et nous avions la bible».
Mais modeste, il avoue: «Parfois j'ai envie de baisser les bras.» Et c'est chez son modèle Malcolm X qu'il puise inspiration, force de caractère et courage: «Cet homme parti de rien qui a osé défier l'Amérique blanche, un homme d'une grande maturité politique, qui a su changer les choses et se changer soi-même.» C'est ce qu'Ali fait au quotidien.
Il a su redonner un second souffle au mouvement des sans papiers et en faire un mouvement permanent.: «Aujourd'hui ce sont les sans-papiers eux-mêmes qui s'organisent. Nous savons que tant que le capitalisme existera, il y aura toujours des sans-papiers.»
Aujourd'hui sans emploi, aux études, il n'a pas abandonné sa vieille passion musicale
Les idées ne manquent pas, comme un festival autour de la conjugaison des styles musicaux rencontrés à Bruxelles.
Mais interrogé sur ses projets pour l'avenir, c'est aux autres qu'il pense: une régularisation claire des sans papiers. Et celui qui aime la Belgique pour son haut taux de syndicalisation, veut également contribuer aux progrès sociaux de l'humanité.
En attendant il continue, avec l'UDEP, à maintenir la pression. Contre la proposition de loi de limitation des régularisations et pour des critères clairs de régularisation. Si la grève de la faim est à ses yeux le dernier recours, il soutient néanmoins celles organisées cet été à cause du «gouvernement qui continue à fermer les yeux». Mais Ali s'assurera que la santé des gréviste soit préservée. A cette fin il propose d'organiser une caravane qui circulera entre les différents lieux occupés: «Nous recherchons encore un bus et de l'argent pour le carburant. Ceux qui veulent nous aider dans ce projet peuvent prendre contact avec l'UDEP».
Pour contactez et soutenir l'UDEP:
http://udep.blogspirit.com/
0498/33.07.48
08:55 Publié dans UDEP | Lien permanent | Envoyer cette note
Aux Minimes, ils arrêtent la grève de la faim
Rédaction en ligne
samedi 22 juillet 2006, 20:40
Les sept grévistes de la faim de l'église des Minimes à Bruxelles ont décidé de suspendre leur action au moins jusqu'à lundi à la suite de coups de téléphone et d'échanges de courriers entre le directeur de l'Office des étrangers et les avocats des grévistes.
Ces grévistes avaient entamé samedi le 31 jours de grève de la faim. Selon l'Union de défense des sans-papiers et un des deux avocats, l'Office des étrangers aurait déclaré les nouvelles demandes d'asile introduites par les 7 grévistes recevables. Au cas où ils n’obtiendraient pas le statut de réfugié, ils auraient obtenu une promesse d'être régularisés.
Cette proposition de l'Office des étrangers viserait les 40 occupants, tous iraniens, de l'église des Minimes. On leur a également assuré qu'ils ne seraient pas expulsés de Belgique. Nos clients ne pouvaient pas retourner en Iran et n'avaient pas d'autres endroits où aller que dans l'église. Les autorités belges ont cette fois reconnue qu'il n'était pas envisageable qu'ils retournent en Iran, a expliqué Me Alexis De Swaef.
Aucun accord écrit n'a encore été obtenu. Certains des grévistes étaient dès lors réticents à renoncer à leur action. Les sans-papiers de l'église des Minimes espèrent avoir un accord écrit pour lundi prochain. Me Beauthier s'est entretenu par téléphone samedi matin avec le directeur de l'Office des étrangers. A 14 heures, les grévistes de la faim ont décidé suite aux engagements proposés par l'Office des étrangers, d'arrêter leur action. Nous sommes évidemment très satisfaits. Les grévistes de la faim avaient perdu 20 pc. De leur poids et leurs vies étaient de plus en plus menacées. L'Office des étrangers a évité un nouveau drame, a déclaré Ali Guissé.Comme porte-parole de l'UDEP, il a toutefois dénoncé la politique de l'Office des étrangers qui vise, selon lui, à récompenser les grévistes de la faim. Encore une fois, nous demandons une solution réelle pour les sans-papiers via une loi. Nous assistons ici à une partie de loterie où les sans-papiers sont forcés de mettre leur vie en danger pour espérer une régularisation. Nous ne pouvons que dénoncer cette situation arbitraire, a-t-il dit. (D'après Belga)
08:49 Publié dans Bruxelles | Lien permanent | Envoyer cette note
22.07.2006
URGENT, S.V.P. !
En ce vendredi 21 juillet de Fête Nationale, à 14 heures, à deux pas de la place des Palais et de la rue de la Régence, les avocats et les médecins soucieux du sort des Iraniens grévistes de la faim à l’église des Minimes, ont demandé à l’UDEP de convoquer la presse en vue d’exposer leur situation.
Sept Iraniens y ont entamé un jeûne il y a 30 jours après avoir tenté, comme tous les sans-papiers de l’UDEP, d’exprimer de cent façons différentes leur impossibilité de continuer à vivre dans la clandestinité.
Mais si nos parlementaires ont accepté de voter une loi sur le sort des malheureux prochains demandeurs d’asile (qui ne pourront toujours pas circuler librement comme l’affirmait la Déclaration de Droits de l’homme en 1948), la majorité d’entre eux a refusé de régler l’avenir de ceux qui nous ont demandé aide et asile, il y a parfois plus de 10 ans.
Ce manque d’humanité a provoqué le dernier témoignage de désespoir possible de certains porte-parole de ces 100.000 ou 150.000 oubliés du pouvoir : ils ne trouvent plus d’autre possibilité d’exprimer leur existence, et refusent toute nourriture.
Du point de vue médical, ceux des Minimes ont tous perdu plus de 20% de leur poids, leur tension est extrêmement basse, tout effort leur devient insurmontable.
Lorsque les premières tentatives de leurs avocats en vue d’un dialogue avec les autorités de l’Office des Etrangers se sont révélées lettre morte et que l’indifférence totale des autorités belges vis-à-vis des victimes d’un régime dictatorial absolu devenait évidente, les 7 Iraniens grévistes, conscients de leur responsabilité envers tous, ont chacun rédigé leur testament personnel (en persan), qu’ils ont tenu à montrer cet après-midi, comme Hassan, ci-contre.
Car ils savent que ce qui les attend en Iran s’ils doivent rentrer c’est la pendaison (et la torture, comme ils l’ont déjà connue). Et s’ils restent en Belgique, ils devront continuer à accepter d’être clandestins, travailler dur pour un salaire de misère sans aucun droit social, se sentant non seulement victimes, mais aussi coupables devant les autres travailleurs. Mourir moralement ? C’est encore pire ! Et mourir pour mourir, autant s’arrêter ici !
Les grévistes IRANIENS
13:27 Publié dans Communiqué | Lien permanent | Envoyer cette note
A qui de droit
21.7.2006
Madame, Monsieur,
Concerne : notre grève de la faim
Nous résidons actuellement à l'église des Minimes (rue des Minimes à 1000 Bruxelles) où nous menons une grève de la faim depuis le 22 juin dernier.
Nous avons entamé cette grève de la faim en étant saint de corps et d’esprit et en connaissance de cause. La grève de la faim est l’ultime moyen d’action, par essence non-violent, pour faire entendre notre voix et nos revendications face au Gouvernement Belge qui ne veut pas nous écouter.
Nous avons fait le choix de poursuivre mon action et refuse toute alimentation forcée ou toute évacuation vers un hôpital. Nous demandons à tous de respecter mon droit à l’auto-détermination.Nous avons vu un médecin ce 16 juillet (certificat en annexe) et nous disposons suffisamment de discernement pour signer la présente valablement et de vous demander d’en respecter le contenu, à savoir poursuivre notre action en cette église des Minimes.
Nous vous en remercions.
Signature
Les sept grévistes de la faim dans l’église des Minimes.
13:26 Publié dans Bruxelles | Lien permanent | Envoyer cette note
16.07.2006
Rassemblement devant le palais de justice ce lundi 17 juillet pour la libération des déportés du bourgmestre d'Anderlecht
Le 4 juillet dernier, des sans-papiers, occupant de l'église notre dame d'Anderlecht, étaient délogés de leur refuge par la police communale, sur ordre du Bourgmestre, Monsieur Simonet.
Ces sans papiers étaient ensuite déportés dans des centres fermés. Des citoyens belges venus manifestés pacifiquement leur désapprobation ont été réprimée brutalement par la police.
Le 17 juillet ces sans papiers passent devant le trubinal de bruxelles.
L'Udep et plusieurs organisations citoyennes appellent à un rassemblement le Lundi 17 juillet devant le tribunal de Bruxelles pour exiger la libération de ces personnes victimes d'une décision arbitraire d'un bourgmestre.
UDEP BRUXELLES
13:05 Publié dans Communiqué | Lien permanent | Envoyer cette note
14.07.2006
Document visant à aider les sans-papiers qui souhaitent introduire une demande de régularisation (art. 9a3 Loi du 15.12.1980) à constituer un dossier. (Le 12.07.2006)
! Avertissement de UDEP sur l'article 9.3 !
Etant donné que nous sommes tous confrontés aux mêmes dilemmes quand nos amis sans papiers nous demandent :Faut-il introduire ou non un 9a3 ?
Il est clair
- qu'il n'y a actuellement aucune avancée pour les sans papiers (malgré les nombreuses rumeurs - très vite éteintes - qui circulaient sur les négociations entre partis de la majorité en vue de dégager des critères)
UDEP vous demande d’imprimer cette liste et à le remettre aux sans papiers (après les avoir informés correctement sur le fait qu'il n'y a rien de neuf en matière de régularisation et du danger de l'introduction d'une telle demande mais également du danger de n'avoir rien introduit en cas d'arrestation) afin qu'ils sachent ce qui doit être joint à leur demande (les éléments pertinents qui devront être communiqués à leur avocat/conseiller juridique qui rédigera leur demande).
1. Il n’y a à l’heure actuelle rien de neuf en matière de régularisation, il est nécessaire d’être prudent et d’évaluer dans chaque cas l’opportunité d’introduire une telle demande. Les seules situations prises en compte par l’Office des étrangers pour régulariser sont :
- La procédure d’asile longue (4 ans réduit à 3 ans pour les familles avec enfants scolarisés) des personnes prouvant une bonne intégration en Belgique. La procédure au Conseil d’Etat n’est pas comptabilisée dans le calcul. - les personnes gravement malades - les parents d’enfants (mineurs) belges (NB : Mais problèmes pour les parents équatoriens d’enfants belges)
Des situations humanitaires (non précisées, c’est du cas par cas) peuvent faire l’objet d’une régularisation, ainsi que l’impossibilité de retourner dans son pays d’origine pour des circonstances indépendantes de sa volonté. Mais l’Office des étrangers est extrêmement sévère dans l’appréciation de ces situations.
2. Cette fiche est destinée aux sans papiers qui la remettront avec les documents annexes à la personne (avocat/juriste/travailleur social) qui rédigera la demande de régularisation. Une telle demande doit être argumentée en faits et en droit. Il est par conséquent nécessaire de se faire assister par une personne spécialisée en la matière.
3. Les situations visées ci-dessous sont des situations que l’on pourrait considérer comme humanitaires en les argumentant de manière complète. MAIS, IL NE S’AGIT PAS DE NOUVEAUX CRITERES DE REGULARISATION. La situation reste incertaine. Il convient d’être prudent.
| 1. Nom (en majuscule) : Prénom (en majuscule) : Date et lieu de naissance : Nationalité : Présence d’enfants mineurs en Belgique (Noms, prénoms, date et lieu de naissance, nationalité) Adresse de résidence : Numéro de sûreté publique (références de l’OE) : Numéro de tél. : |
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| 2. Date d’arrivée en Belgique : La présence en Belgique depuis cette date est-elle ininterrompue ? OUI – NON Si la réponse est NON : Pourquoi ? + Date du départ et du retour en Belgique. Problèmes avec la justice belge ? Poursuites ou condamnations pénales – Pour quels faits ? Quelle a été la condamnation ? (Important de tout dire pour pouvoir anticiper un refus de régularisation sur ce motif) |
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| 3. A. Vous comptabilisez une procédure d’asile longue (procédure au conseil d’Etat compris) de 6 ans (pour les personnes avec enfants scolarisés) ou 5 ans (pour les personnes sans enfants scolarisés) ? NON - OUI (cochez la bonne réponse et si c’est OUI passez aux cases 4, 9 à 12) B. Vous n’avez pas eu de procédure d’asile longue mais vous êtes connus de l’Office des étrangers (soit comme étudiant, soit comme demandeur d’asile (procédure courte), soit comme personne ayant introduit une demande de regroupement familial, soit comme personne ayant introduit une demande de régularisation,…) ? NON – OUI (Cochez la bonne réponse et si c’est OUI passez aux cases 5, 9 à 12) C. Vous êtes inconnus de l’Office des étrangers parce que vous n’avez jamais introduit de procédure ? NON – OUI (Cochez la bonne réponse et si c’est OUI passez aux cases 6, 9 à 12) D. Vous êtes atteint d’une maladie grave (dont le traitement n’est pas possible dans votre pays d’origine) et risquez une dégradation de votre santé en cas de non traitement ? NON – OUI (cochez la bonne réponse et si c’est OUI passez aux cases 7, 9 à 12) E. Vous souffrez d’un handicap grave et n’avez pas la possibilité d’assurer votre survie financière dans votre pays d’origine (pas de couverture sociale) ? NON – OUI (Cochez la bonne réponse et si c’est OUI passez aux cases 8, 9 à 12) |
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- Date d’introduction de la demande d’asile : - Date de la dernière décision du CGRA / Commission Permanente de recours des réfugiés) - S’il y a eu plusieurs demandes d’asile, veuillez préciser les dates d’introduction, les dates des décisions rendues et éventuellement celles des arrêts rendus par le Conseil d’Etat et préciser s’il s’agissait d’un arrêt de rejet ou d’un arrêt de suspension ou d’annulation)- Date (mois, année) d’expiration de la carte orange ou de l’annexe. (et précisez de quel document il s’agit. Si possible joindre une copie du document et de ses prorogations) - Date d’introduction du recours au Conseil d’Etat : - Date de l’arrêt du CE et préciser s’il s’agit d’un rejet/d’une suspension/ d’une annulation + Compléter les cases 9 à 12 |
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| 5. Personnes connues de l’Office des étrangers. - Date d’introduction d’une demande de séjour ? (Pour ceux arrivés avec un visa d’étudiant ou une autorisation de séjour délivrée par l’ambassade de Belgique, le préciser et dire la date d’arrivée) - Sur quelle base la demande a-t-elle été introduite ? (asile ?, regroupement familial ?, demande de régularisation ?, etc..) - Quel document de séjour a été délivré ? (annexe, carte orange, carte blanche, …) + sa date de délivrance et sa date d’expiration (prorogations comprises). - Joindre les preuves de la présence en Belgique durant les périodes de séjour illégal . (Pour chaque année : attestation de médecin, copie d’échanges de courriers, etc…) + Compléter les cases 9 à 12 6. Personnes inconnues de l’Office des étrangers. - Joindre les preuves de la présence en Belgique pour chaque année : attestation de médecin, pharmacien, inscription à une formation, échange de courriers, etc…) + Compléter les cases 9 à 12 |
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| 7. Maladie grave Maladie qui ne peut être traitée dans le pays d’origine car le traitement n’est pas disponible ou est inaccessible (trop coûteux, etc…) et risque de voir sa santé se dégrader en cas d’absence de traitement. Joindre un certificat médical et si possible rassembler de la documentation prouvant que le traitement n’est pas possible dans le pays d’origine. (rapports de MSF, etc) + le cas échéant compléter les cases 9 à 12
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| 8. Handicap grave Si pas de possibilités de possibilité de revenus dans le pays d’origine. Joindre documents médicaux attestant l’handicap . + le cas échéant compléter les cases 9 à 12 |
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| 9. Intégration/attaches sociales - Veuillez expliquer quelles sont vos attaches sociales en Belgique et ce qui démontre d’un effort d’intégration (rassemblez un maximum d’éléments/de documents). Par exemple : Participation à des activités sociales/culturelles en Belgique, preuves d’emplois effectués (contrat de travail et fiches de paye), scolarisation des enfants, promesse d’emploi ou projet socio-économique études effectuées ou formations, cours de langue, présence de la famille en Belgique qui est belge ou a un droit de séjour (joindre une copie de leur document d’identité et un témoignage sur leur lien de filiation avec vous), témoignages de bonne intégration d’amis, de connaissances, etc… | |
| 10. Circonstances humanitaires éventuelles (autres que celles déjà expliquées dans les autres cases) Si vous vous trouvez dans une situation humanitaire difficile, expliquez-la. les problèmes humanitaires peuvent être très divers. (Problèmes familiaux, problèmes médicaux, travail, procédure judiciaire en cours, etc…) veuillez les expliquer de manière complète dans une note séparée. | |
| 11. Circonstances exceptionnelles rendant difficile/impossible un retour au pays pour introduire la demande de séjour/de régularisation Si possible, veuillez expliquer pourquoi il vous serait particulièrement difficile de retourner même quelques mois au pays pour introduire votre demande de séjour au poste diplomatique ou consulaire belge sur place et y attendre la réponse. | |
| 12. En cas d’impossibilité de retour Veuillez expliquer les raisons pour lesquelles il ne vous est pas possible de retourner dans votre pays d’origine et de vous y réinstaller. (Impossibilité administrative ou situation du pays problématique - chaos ou guerre -, présence ou non d’une clause de non reconduite dans la décision du CGRA ou d’une clause humanitaire, etc…), ou raisons personnelles, veuillez l'expliquer de manière complète dans une note séparée. (les raisons invoquées dans cette case peuvent être identiques à celles invoquées dans la case 11) | |
09:30 Publié dans Article 9.3 | Lien permanent | Envoyer cette note
Carte Blanche
La question des « sans-papiers » hante le débat politique sans trouver de réponse satisfaisante pour un nombre important d’acteurs associatifs.
Qui de responsable aujourd’hui refuserait d’admettre que « nous ne pouvons accueillir toute la misère du monde » ? Qui de responsable ne subordonnerait pas le « devoir de solidarité » à « la protection de notre ordre social » ? Poser la question, c’est y répondre. Vraiment ?
En effet, derrière l’apparence pernicieusement péremptoire de cette manière de cadrer le débat se cache le caractère hautement idéologique de notre représentation des « sans papiers ». Il suffit pour s’en convaincre de confronter notre perception de la question à quelques données… objectives qui font, bien trop souvent, cruellement défaut dans l’analyse.
Le pseudo « appel d’air » qui aurait suivi, pour d’aucun, la régularisation de 1999 s’est accompagné d’…une diminution constante, entre 2000 et 2002, de la population étrangère enregistrée en Belgique. En 2005, le nombre total d’étrangers résidant officiellement dans notre pays est inférieur à son niveau de …1999. D’une part, le solde migratoire des non européens a baissé entre 1999 et 2001 et d’autre part, l’ancienne vague d’immigration marocaine et turque installée en Belgique souvent depuis plus d’un demi-siècle a acquis la nationalité belge.
Si l’on considère les flux migratoires, le solde migratoire des non européens est en 2002 d’un peu plus de 30 000 personnes… du même ordre, à l’échelle de la population belge, que le nombre de belges qui a choisi cette année-là de s’installer en dehors de notre royaume.
Cet accroissement de la population belge de, bon an mal an, pas même 0.5 % ou la centaine de milliers de « sans-papiers » (moins 1% de la population) estimée (?) vivre en Belgique seraient-ils une menace pour l’ordre social de plus de… 10 millions de personnes? Se pourrait-il que notre modèle social soit mis en danger par une augmentation de la population aussi marginale ? Toutes les études infirment à ce jour cette hypothèse, à la différence patente des pays paupérisés qui accueillent, en réalité, l’immense majorité « de la misère du monde ». En effet, « les demandeurs d’asile et les réfugiés qui tentent leur chance en Europe et en Amérique du Nord ne représentent qu’à peine 5 % du total des réfugiés et déplacés dans le monde. Et seuls 0,2 % de ce total finissent par s’installer dans les pays riches, dont plus de 95 % …en Amérique du Nord ». Ainsi donc si l’immigration est « un fardeau », elle l’est essentiellement et avant tout pour les pays paupérisés.
En ce qui concerne notre pays, victimes de notre ordre social bien plus que le menaçant, « les sans-droits » déshabillés de toute protection juridique ou sociale, sont livrés sans défense aucune à toutes les formes d’exploitation.« La délocalisation sur place », corollaire, pour les secteurs économiques qui ne peuvent délocaliser leurs productions, de l’émigration de nos personnes morales permet de parachever « l’exploitation de la misère du monde » que constitue la mise en concurrence des niveaux et cadres de vie des peuples de la planète.
Nous profitons tous de cette exploitation de la misère du monde. Que cela soit par les surprofits plantureux réalisés dans les pays paupérisés qui nous reviennent, en partie, par l’impôt prélevé sur nos multinationales ou par le soutien de notre pouvoir d’achat que permet l’exploitation économique criminelle des « sans papiers ». A titre d’exemple, la seule Vénétie économise plus de 180 millions d’euros par an (environ un quart de l’aide au développement annoncée en 2006 par la Belgique !) en recourant aux aides à domicile en provenance de l’Europe de l’est. Combien en Belgique pour l’horeca, le bâtiment, les employés de maison, les soins à domicile, l’agriculture saisonnière,… ?
Quant aux malheureux 2% de non Européens qui composent la population active belge, leur ségrégation dans les segments d’activités aux conditions de travail les plus précaires et la discrimination dont ils sont victimes ne sont plus à établir. Exploité économiquement, le « sans papiers » l’est une deuxième fois idéologiquement. Représenté au mieux comme un problème, au pire comme un prédateur menaçant nos ressources voire un criminel, le « sans papiers » est instrumentalisé afin de légitimer l’imposition de l’austérité et le détricotage de nos acquis sociaux. Mis en concurrence avec des « sans droits », combien de temps les citoyens de ce pays pourront-ils préserver les leurs? N’est-il pas temps de comprendre que la défense de nos acquis sociaux passe par la protection des plus fragiles d’entre nous ? L’intérêt bien compris n’impose t’il pas l’alliance objective avec les victimes de notre ordre socio-économique?La solidarité ou la violence comme base du rapport à l’autre ? Telle est la question qui est au coeur du débat sur la régularisation.
Souhail Chichah (Chercheur, Département d’Economie Appliquée, ULB)
Pierre Galand (Professeur ULB)
Ali Guissé (Coordinateur & Porte Parole Général de UDEP National)
Fouad Lahssaini (Président du Centre National de Coopération au Développement -11 11 11)
Benoît Van Der Meerschen (Président de la Ligue des droits de l’homme)09:05 Publié dans Général | Lien permanent | Envoyer cette note


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