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18.06.2006
Chronique de Hugues Le Paige
Pour ne pas avoir honte…
Il est des moments où le citoyen responsable doit se révolter face aux pouvoirs, où il doit s’opposer à l’aveuglement ou à la lâcheté de ses représentants. Il est des instants où le citoyen se doit d’agir pour combattre l’inacceptable mais aussi pour ne pas avoir honte plus tard de s’être tu alors qu’il savait et qu’il était encore temps. C’est l’état d’esprit qui devrait être le notre aujourd’hui face au sort des « sans papiers ».
Le Parlement va incessamment mettre fin aux discussions des projets de lois reformant le droit d’asile, le regroupement familial, la détention des demandeurs d’asile et des enfants et si rien ne bouge entériner purement et simplement les projets gouvernementaux. Or ces textes ne règlent en rien la question de la régularisation des sans papiers. Ils seront même plus restrictifs que le cadre actuel. Pour les sans papiers qui occupent aujourd’hui 40 églises et lieux symboliques mais aussi pour des milliers d’autres ce sera le rejet dans les catacombes de notre société. Tous les spécialistes, les gouvernants et les responsables à tous niveaux, savent pourtant que « l’homme nomade » comme dit Jacques Attali, fait désormais partie intégrante de notre horizon, qu’il est même l’autre face de la mondialisation et que nous avons d’abord besoin les uns et les autres de règles claires, justes et équitables. C’est bien ce que diront dans la rue samedi prochain les citoyens conscients de ces exigences morales, politiques et démocratiques. Mais il est aussi d’autres questions qui se posent. Le Parlement feint d’écouter les associations mais se comporte en chambre d’enregistrement face à ce qui est déjà une décision gouvernementale. Les partis au pouvoir se retranchent les uns derrière la crainte de leurs électeurs, les autres derrière un rapport de force qui leur est, disent-ils, défavorables. Facilité, cynisme, absence de volonté ou de courage politique et cela au moment où précisément la politique a besoin d’affirmer ses valeurs humanistes et démocratiques. Reste au citoyen à se mobiliser, comme il a pu le faire pour dénoncer la violence et revendiquer la convivialité et le respect de l’autre. Par solidarité avec les sans papiers, pour ne pas avoir honte plus tard, peut-être aussi par simple bon sens…
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