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06.03.2006

Le Soir

Des sans-papiers décidés à lutter

Le Soir en ligne
mercredi 01 mars 2006, 22:17
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Une soixantaine d'occupants de l'église Saint-Boniface ont exprimé, au cours d'une conférence de presse, leur volonté d'entamer ou de poursuivre une grève de la faim samedi matin afin de réclamer une entrevue avec le ministre de l'Intérieur, Patrick Dewael.

Une dizaine de "sans-papiers" ont entamé leur neuvième journée de grève de la faim. Nous avons tenté en vain de dialoguer avec les autorités compétentes, nous avons entrepris des démarches citoyennes pacifistes; nous avons élaboré une proposition de loi. Nous lançons un dernier signal pour relancer le dialogue. Mais le ministre Dewael a toujours refusé de nous rencontrer, a expliqué Ali Guissé, porte-parole de l'Union pour la Défense des sans-papiers (UDEP). On ne peut aujourd'hui nous reprocher de faire du chantage. La grève de la faim est un signe de désespoir , a-t-il ajouté.

Les enfants et les personnes malades ne participeront pas à la grève de la faim. Sur les 130 demandes de régularisation introduites, 43 dossiers ont été examinés et, hormis un, tous été refusés. Alors que l'Office des étrangers, dont le directeur a rencontré une nouvelle fois mardi une délégation de l'église, a accepté de réexaminer les dossiers si de nouveaux arguments étaient introduits, les sans-papiers sont à présent réticents à réintroduire une demande.

Epinglant deux dossiers de personnes ayant introduit des demandes en bonne et due forme mais dont les noms ne figurent pourtant pas dans la banque de données de l'Office des étrangers et un troisième dossier d'un homme qui dément avoir fait l'objet d'une expulsion comme le prétend l'Office des étrangers, l'UDEP s'interroge sur les chances réelles de voir aboutir les dossiers.

L'UDEP demande que soient intégrés lors des examens des dossiers les critères, inscrits dans la loi du 15 décembre 1980 relatifs à la durée de la procédure d'asile, l'impossibilité de retour dans un pays en guerre, la maladie ou l'handicap, la naissance d'un enfant en Belgique ou les attaches sociales.

Il ne suffit pas qu'il y ait un recours, il faut encore que celui-ci soit effectif, rappelle pour sa part Me Vincent Lurquin. Il faut donc que le Conseil d'Etat se prononce dans un délai raisonnable et permettre surtout aux demandeurs de rester, sinon le recours devient sans objet, a-t-il dit.

Cinq des sans-papiers de l'église Saint-Boniface ont été conduits vers des centres fermés. L'un d'entre eux a été expulsé de Belgique vendredi dernier.

(D'après Belga)

17:02 Publié dans Presse | Lien permanent | Envoyer cette note